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Les francophones résistent au centralisme français

23 févr. 2008, 12:00

La volonté centralisatrice de la France se heurte aux pays partenaires de TV5 Monde. Renforcer la voix de la francophonie, oui. Mais pas la main-mise de Paris! «Quel TV5 voulons-nous pour demain?» Les représentants de la Suisse, la France, la Belgique, le Canada et le Québec, partenaires de TV5 Monde, ont discuté hier à Ottawa des projets de réforme de l'audiovisuel français.

Or, pour le moment, le projet français n'enchante guère les bailleurs francophones partenaires. Certes, ces derniers n'ont pas encore quitté le navire. Aucun ne le souhaite et la France elle-même se veut rassurante. «La TSR n'a pas pour objectif de sortir de TV5 Monde, les partenaires discutent», assure le directeur de la chaîne romande, Gilles Marchand. Malgré les garanties de continuité annoncées publiquement par Paris, les partenaires de la France restent inquiets. Parmi les points de désaccord: la présidence de la holding «France Monde» au sein de laquelle TV5 Monde serait une filiale - avec France 24 et RFI.

Pour Gilles Marchand, la gouvernance de la télévision francophone ne doit pas disparaître dans un édifice français. Or, à peine rendue publique, la nomination du président et de la la future directrice a suscité la polémique en France. «TV5 ne défend aucune vision stratégique», poursuit Gilles Marchand. Et comment garantir le respect de son multilatéralisme si «France Monde» gère directement les 66% de TV5 Monde? En clair, France 24 (chaîne d'info) pourrait profiter de la belle couverture géographique de TV5 Monde. «La distribution est une grande valeur de TV5, précise le président de la télévision suisse romande. Son réseau est le deuxième réseau mondial. On a négocié avec chaque opérateur pour installer la présence de TV5».

Les Suisses, les Belges, les Canadiens et les Québécois voient d'un mauvais ?il ce réseau servir à France 24, bien moins présente dans le monde et outil d'une stratégie politique franco-française. En effet, la mise sous une même tutelle de TV5 Monde et de France 24 pourrait conduire la holding à privilégier l'une ou l'autre. Quel serait dès lors son intérêt à financer les informations internationales de TV5 abordées d'un point de vue francophone, quand elle diffuse sur un autre canal des informations internationales sous l'angle français? Et ce d'autant plus que «France Monde» prévoit de rapprocher les rédactions de France 24, TV5 Monde et de RFI. Si la holding s'appelle France Monde, est-ce que ce genre de dispositif va rester?», s'interroge Gilles Marchand. Si par la fusion des rédactions, France 24 devient le principal pourvoyeur d'informations, poursuit le patron de la TSR, cela pose un problème: «son mandat est de donner le point de vue de la France sur le monde, ce n'est pas celui de TV5».

Les Suisses, les Belges, les Canadiens, les Québécois, tous comprennent le souhait français de réformer son audiovisuel extérieur. Ils ont même accepté de réévaluer leur participation financière au sein de TV5. A ce prix, ils entendent garantir l'indépendance et l'identité de la chaîne.

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