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Les ex-détenus de l'ETA demandent la libération de tous

Des ex-prisonniers de l'ETA ont demandé samedi la "libération" de tous les autres détenus du groupe indépendantiste armé dispersés dans des prisons espagnoles et françaises.

04 janv. 2014, 22:46
Des manifestants s'étaient déjà réunis le 26 décembre devant le bâtiment abritant le bureau du Ministre de l'Intérieur.

Plusieurs dizaines d'ex-prisonniers de l'ETA ont demandé samedi la "libération" de tous les autres détenus du groupe indépendantiste armé dispersés dans des prisons espagnoles et françaises. Ils étaient présents lors d'un rassemblement sans précédent au Pays Basque.

Dans un texte lu à Durango, au Pays Basque espagnol, par un militant historique du groupe libéré en novembre, les anciens prisonniers déclarent adhérer pleinement aux positions exprimées le 28 décembre par l'EPPK, le collectif rassemblant les détenus de l'ETA.

"Cette année 2014 doit marquer le changement de la politique pénitentiaire. Nous devons en finir avec la dispersion (des détenus). Nous devons rapatrier et libérer jusqu'au dernier d'entre eux", affirme le texte.

"Nous acceptons toute notre responsabilité en ce qui concerne les conséquences du conflit", ajoutent les ex-prisonniers, exprimant leur "engagement total" avec le rejet de la violence par la gauche indépendantiste basque, aujourd'hui deuxième force politique régionale. Environ 70 anciens détenus de l'ETA s'étaient rassemblés.

Dizaines de détenus libérés

 

La plupart étaient des militants sortis de prison depuis le mois d'octobre, suite à une décision de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) sur la "doctrine Parot", un système d'application des peines controversé en vigueur en Espagne depuis 2006, qui a contraint ce pays à libérer des dizaines de détenus.

La récente déclaration du collectif des prisonniers semble montrer un nouvel infléchissement de la position de l'ETA, qui avait annoncé le 20 octobre 2011 mettre fin définitivement à la violence mais refuse de se dissoudre.

L'ETA, dont les militants en liberté ne seraient plus que quelques dizaines, réclame notamment le rapprochement de ses prisonniers du Pays Basque et leur amnistie, avant d'envisager un désarmement.

Les gouvernements espagnol et français réclament en revanche la dissolution sans conditions du groupe, tenu pour responsable du décès de 829 personnes en 40 ans de violences pour l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre.

Critique récemment

L'Espagne refuse d'assouplir la politique pénitentiaire très ferme pratiquée par ses gouvernements successifs envers les détenus de l'ETA.

Selon le comité de soutien aux militants de l'ETA emprisonnés Etxerat, les détenus qui n'ont pas rompu avec le groupe sont actuellement au nombre de 520, dispersés pour la plupart dans 79 prisons d'Espagne et de France.

Leur collectif dans son communiqué du 28 décembre avait pour la première fois entériné l'abandon de la violence, évoqué de possibles démarches individuelles en vue d'une libération, semblant renoncer à une demande d'amnistie collective, et reconnu "les souffrances et les dommages causés par le conflit".

Les détenus en revanche ne font aucune mention d'une demande de pardon aux victimes, un point qui provoque l'indignation des associations de victimes de l'ETA. Elles avaient demandé en vain à la justice espagnole d'interdire le rassemblement de samedi.

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