Le volcan Merapi crache à nouveau

30 oct. 2010, 04:15

Le volcan indonésien Merapi, qui avait causé la mort de 34 personnes mardi, est de nouveau entré en éruption durant la nuit dernière. Des milliers d'habitants, effrayés par la puissance de l'explosion, ont pris la fuite. Cette série d'éruptions est l'une des deux catastrophes naturelles auxquelles sont confrontées les autorités indonésiennes depuis le début de la semaine. A plus de 1000 km du volcan, la situation restait difficile sur les îles frappées par un puissant tsunami, qui a provoqué la mort de plus de 400 personnes, selon un nouveau bilan établi hier.

La nouvelle éruption du Merapi a été plus puissante et sonore que celle de mardi, projetant des cendres incandescentes jusqu'à plus de 10 km du cratère.

«Elle était deux fois plus forte», a témoigné Tarman, qui réside à 12 km du cratère. «J'ai entendu plusieurs explosions ressemblant à des coups de tonnerre. J'étais tellement effrayée que je tremblais de tout mon corps», a ajouté Mukinem, une mère de famille de 42 ans.

De nombreux habitants vivant à l'extérieur de la zone évacuée en début de semaine ont alors décidé de fuir en voiture ou en moto, provoquant des embouteillages en pleine nuit, a constaté une journaliste de l'AFP.

«Le volume de matériau volcanique émis a été moins important que mardi, mais comme la pression était supérieure, les cendres ont été projetées plus loin», a indiqué Subandrio, l'un des vulcanologues chargés de la surveillance du Merapi.

«Le Merapi est actuellement très dangereux», a-t-il réitéré, en précisant que les autorités allaient probablement devoir étendre l'ordre d'évacuation à un rayon de 20 km autour du volcan, contre 10 km jusqu'à présent.

Environ 50 000 personnes sont déjà accueillies dans les centres temporaires établis depuis lundi à proximité de Yogyakarta, la grande ville voisine.

Le Merapi, qui culmine à 2914 m dans le centre de l'île de Java, entre en éruption tous les quatre ou cinq ans, un rythme court pour un volcan. Près de 70 éruptions ont été recensées depuis le milieu du XVIe siècle, dont certaines dévastatrices, comme en 1930 (1400 morts) et 1994 (60 morts).

Sur l'archipel des Mentawaï, le dernier bilan officiel du tsunami de lundi a fait état d'» au moins 408 morts», mais les autorités s'attendaient à ce qu'il dépasse 600, les chances de retrouver des survivants parmi les quelque 300 disparus diminuant.

Les opérations de secours ont été freinées hier par de mauvaises conditions météorologiques, avec une mer formée et de la pluie, qui ont accru les difficultés de transports vers les villages de pêcheurs dévastés par le raz-de-marée. /ats-afp-reuters