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Le spectre d'al-Qaïda

Une dizaine de personnes étaient interrogées hier après le triple attentat qui a frappé la station balnéaire de Dahab. L'attaque, qui a fait 18 morts dont un Suisse, porte la marque de la mouvance Ben Laden Six touristes étrangers, dont un Suisse (voir encadré) et un enfant allemand, étaient recensés hier parmi les 18 morts victimes du triple attentat suicide perpétré lundi soir dans la station balnéaire de Dahab, dans le Sinaï égyptien. L?attaque a également fait une soixantaine de blessés. C?est la troisième fois que le Sinaï, haut lieu du tourisme, est frappé par le terrorisme en moins de deux ans. Les attentats de Dahab n?avaient toujours pas été revendiqués hier soir, mais le mode opératoire rappelle les attaques de Taba et de Charm el-Cheikh, imputées par la justice égyptienne à un groupe se réclamant des islamistes d?al-Qaïda.

26 avr. 2006, 12:00

Trois explosions quasi simultanées, des kamikazes, des cibles touristiques choisies pour faire un maximum de victimes, une date symbolique, veille de fête nationale égyptienne: il est difficile de ne pas établir de parallèle entre les attentats qui ont ensanglanté lundi soir la station balnéaire de Dahab et ceux de Taba (octobre 2004) et Charm el-Cheikh (juillet 2005).

Presse gouvernementale

Malgré les réticences des autorités, la presse gouvernementale égyptienne n'a pas hésité à franchir le pas. «Le groupe responsable de l'attentat de Charm el-Cheikh est derrière le crime haineux de Dahab», affirmait hier le journal «al-Gomhoureya».

Le mois dernier, le Ministère de l'intérieur avait pourtant assuré que le groupe accusé par le procureur général d'avoir perpétré les attentats à la voiture piégée de Taba et Charm el-Cheikh, al-Tawhid wal Jihad («Unicité et djihad»), avait été totalement démantelé, à l'issue d'une longue chasse à l'homme dans le Sinaï.

Ce groupe avait revendiqué les attentats sur internet, «en allégeance aux chefs du réseau al-Qaïda, Cheikh Oussama Ben Laden et Cheikh Ayman al-Zawahiri». «Trois terroristes faisant partie du groupe al-Tawhid wal Jihad ont reconnu lors de leurs interrogatoires qu'ils cherchaient à frapper d'autres zones touristiques du sud du Sinaï», rappelait hier le quotidien «al-Ahram», estimant qu'il pourrait s'agir «d'une réaction à ce qui se passe en Irak et dans les Territoires palestiniens».

«Il faut rester prudent»

«L'hypothèse d'un lien avec les attentats précédents est séduisante, mais il faut rester prudent», tempère un expert européen du terrorisme basé au Caire, qui souligne que les explosifs utilisés à Dahab ne sont apparemment pas de même nature que ceux qui avaient servi lors des attaques précédentes. «Il serait prématuré de tirer des conclusions quant aux commanditaires et aux exécutants de ces attentats», a affirmé de son côté le ministre égyptien du Tourisme.

Le Ministère de l'intérieur continuait de privilégier hier la thèse de bombes artisanales télécommandées, malgré les témoignages faisant état de kamikazes. Selon des sources sécuritaires, une dizaine d'Egyptiens ont été arrêtés «pour être interrogés dans le cadre de l'enquête». Trois informaticiens originaires du Caire feraient partie des suspects. Arrivés à Dahab à la veille des attentats, ils auraient été arrêtés à un barrage routier en possession de faux papiers d'identité.

Le maire de Dahab, Djoumaa Zeïdane, a affirmé de son côté que les Bédouins, arrêtés par centaines après les attentats de Taba et Charm el-Cheikh, n'avaient rien à voir avec les derniers attentats. «Aucun d'entre nous ne veut ruiner Dahab. Nous dépendons de Dahab pour notre subsistance», a-t-il plaidé.

Répression critiquée

Les organisations des droits de l'homme ont critiqué à de nombreuses reprises la répression aveugle et brutale menée par les services de sécurité depuis deux ans, estimant que cette politique avait largement contribué à entretenir le cycle de la violence dans le Sinaï, en radicalisant les populations locales. / TSA-Le Figaro

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