"Le Soir" évacué après une fausse alerte à la bombe

Le quotidien belge "Le Soir" à Bruxelles a dû évacuer son siège dimanche après-midi. Un individu avait proféré des menaces et protesté contre le traitement de l'attaque à Charlie Hebdo. Un suspect a été arrêté.
11 janv. 2015, 21:44
La rédaction du journal Le Soir a interpellé un suspect.

La fouille menée par la police dans l'immeuble du journal n'a rien donné, a confirmé le Parquet de Bruxelles. Il a annoncé dans un communiqué l'arrestation d'un "suspect" du canular, "né en 1962", et identifié par ses initiales, T.C.

Il pourrait s'agir d'un ex-imprimeur de 53 ans, arrêté en 1999 pour un attentat à la bombe, sans victime, visant le parti séparatiste flamand Vlaams Belang. Selon la rédaction du "Soir", l'auteur de l'appel s'était identifié comme cet homme.

"Si nos infos se confirment, la menace viendrait d'un individu qui voulait se venger d'une frustration personnelle", a précisé l'éditorialiste Béatrice Delvaux dans un tweet. La rédaction a réintégré ses locaux dans la soirée après la levée de l'alerte et plusieurs heures passées à travailler dans un hôtel proche, a indiqué Mme Delvaux dans un autre tweet.

"Ce qui aurait été pris à la légère il y a cinq jours a été pris très au sérieux. On en aurait ri, et maintenant on se dit que tout peut arriver", a commenté pour l'agence de presse Belga le directeur général du "Soir", Didier Hamann.

"Nourrir l'extrême droite"

La rédaction avait indiqué avoir reçu en début d'après-midi l'appel d'un individu annonçant: "Ca va péter dans votre rédaction. Vous ne nous prenez pas au sérieux", et protestant, au nom de "l'extrême gauche" contre une couverture de l'attentat contre "Charlie Hebdo" accusée de "nourrir l'extrême droite".

Comme d'autres quotidiens belges, "Le Soir" avait republié jeudi, au lendemain de l'assassinat de 12 personnes au siège de "Charlie Hebdo" à Paris, des caricatures de Mahomet de ce journal satirique.

Cette alerte à la bombe est intervenue alors qu'environ 20'000 personnes défilaient dans les rues de Bruxelles dans le cadre d'une "marche citoyenne contre la haine et pour la liberté d'expression" à la suite des attaques meurtrières menées cette semaine à Paris.