Le président nigérien nie avoir une fortune de 100 millions de dollars

Goodluck Jonathan nie avoir une fortune de 100 millions de dollars, comme l'indique un site internet qui a publié une liste des chefs d'Etat africains les plus riches.

09 oct. 2014, 18:21
President of Nigeria, Dr. Goodluck Jonathan, addresses the 69th session of the United Nations General Assembly Wednesday, Sept. 24, 2014, at U.N. headquarters. (AP Photo/Frank Franklin II)

Le président nigérian Goodluck Jonathan a menacé jeudi de poursuivre en justice un site Internet qui l'a fait apparaître en 6e position dans la liste des chefs d'Etat africains les plus riches, avec une fortune de 100 millions de dollars (78 millions d'euros). La liste publiée par richestlifestyle.com ne fournit aucune preuve des fortunes qu'elle attribue à huit présidents du continent.

"Le président Jonathan n'a jamais été un homme d'affaires ou un entrepreneur", a réagi la présidence nigériane dans un communiqué, et par conséquent, l'apparition de M. Jonathan dans cette liste - qui a fait la une de plusieurs journaux nigérians jeudi - est "sans fondements et diffamatoire".

L'affirmation selon laquelle le président "vaut désormais quelques 100 millions de dollars" implique "que le président s'est enrichi grâce à la corruption depuis qu'il a pris ses fonctions (en 2010), ce qui n'est certainement pas le cas" dit le communiqué.

La présidence a réclamé "un démenti et des excuses sans réserves de la part de richestlifestyle.com et de tous ceux qui ont reproduit cet article déplaisant", et menace de mener cette affaire "devant les tribunaux au Nigeria et à l'étranger".

Un sujet sensible

Aucun démenti ni excuse n'apparaissaient jeudi sur le site internet en question, mais la mention de M. Jonathan a été retirée de la liste des présidents africains les plus riches.

L'AFP n'a pu joindre les personnes en charge du site pour savoir sur quelles informations se basait la liste d'origine et pourquoi le nom du président nigérian en avait été retiré.

La réaction ferme et rapide de la présidence suite à cette publication sur un site peu connu du grand public montre à quel point la corruption est un sujet sensible au Nigeria, premier pays producteur de pétrole d'Afrique.

En arrivant au pouvoir, M. Jonathan avait promis de s'attaquer à la corruption dans un pays où les énormes ressources pétrolières sont pillées par les élites depuis des années. Selon de nombreux experts, la situation est pourtant devenue pire que jamais.

M. Jonathan devrait annoncer prochainement sa candidature à sa propre succession, en vue de la présidentielle de février.