Le premier ministre éthiopien Meles Zenawi est mort

Le premier ministre éthiopien Meles Zenawi est décédé à l'hôpital dans la nuit de lundi à mardi. "Le dernier empereur d'Ethiopie" était au pouvoir depuis deux décennies. Il avait 57 ans.

21 août 2012, 15:27
Meles Zenawi "se débattait avec des problèmes de santé depuis un an" selon le porte-parole du gouvernement.

Meles Zenawi, chef du gouvernement éthiopien, est décédé à l'hôpital dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé le gouvernement éthiopien. Poids lourd parmi les dirigeants africains, "le dernier empereur d'Ethiopie" était au pouvoir depuis vingt ans. Il avait 57 ans.

Le vice-premier ministre va assurer l'intérim du pouvoir dans ce pays allié de Washington dans la lutte contre l'islamisme dans la Corne de l'Afrique, une région instable.
 
"Le premier ministre Meles Zenawi est décédé hier soir aux environs de minuit," a précisé le porte-parole du gouvernement Bereket Simon. Il se trouvait "à l'étranger", a-t-il poursuivi sans plus de détails.
 
M. Meles n'avait plus été vu en public depuis juin et son état de santé faisait l'objet de nombreuses rumeurs. En juillet, des sources diplomatiques à Bruxelles avaient indiqué que M. Meles était hospitalisé dans la capitale belge et qu'il se trouvait dans un état critique.
 
Toujours "prêt pour le travail"
 
"Il récupérait bien mais tout d'un coup il s'est passé quelque chose et il a dû être emmené d'urgence en unité de soins intensifs et ils n'ont pu le maintenir en vie," a ajouté mardi M. Bereket. Le porte-parole ne s'est pas exprimé sur la maladie dont souffrait le premier ministre, se bornant à indiquer que M. Meles se débattait avec ses problèmes de santé depuis un an.
 
Mais "l'une des meilleures choses avec lui, c'est qu'il ne s'est jamais considéré comme malade et qu'il était prêt pour le travail tout le temps, tous les jours, tous les soirs," a-t-il souligné.
 
"Conformément à la Constitution" le vice-premier ministre Hailemariam Desalegn va désormais assurer l'intérim, a-t-il encore déclaré, ajoutant que le gouvernement faisait en sorte que le Parlement soit convoqué "le plus vite possible".
 
Deuil national
 
Mais d'autres noms circulent, notamment celui de la première dame, Azeb Mesfin, activiste connue pour sa lutte contre le sida. Certains la voient en "Kirchner" éthiopienne, en référence à Cristina qui a succédé à son mari à la tête de l'Argentine.
 
Tedros Adhanom Ghebreyesus, ancien ministre de la Santé à la renommée internationale, et Alemayehu Atomsa, leader du parti OPDO allié du parti au pouvoir, apparaissent également comme de possibles successeurs.
 
Depuis l'annonce de l'hospitalisation de M. Meles à Bruxelles par des sources diplomatiques sur place, l'incertitude régnait sur qui était actuellement, effectivement, aux commandes dans le deuxième plus peuplé des pays d'Afrique sub-saharienne.
 
La date des funérailles de M. Meles n'a pas encore été précisée. "Un comité travaille là-dessus," a indiqué M. Bereket, précisant seulement que le pays serait en "deuil national" jusqu'à ces funérailles, "en souvenir du premier ministre". Les dirigeants de l'Afrique de l'Est ont salué le rôle "stratégique" joué dans la région, et au-delà sur le continent, par Meles Zenawi.
 
Poigne de fer
 
Meles Zenawi dirigeait l'Ethiopie d'une poigne de fer depuis qu'il avait pris le pouvoir en 1991 à la tête d'une guérilla qui venait de faire tomber le régime du dictateur Mengistu Hailé Mariam. Cet homme austère était entré dans le club fermé des dirigeants africains en poste depuis plus de deux décennies après une victoire écrasante aux élections de 2010. Il avait alors raflé 99% des voix.
 
Et il incarnait à lui seul le pouvoir dans son pays, dont il avait fait au fil des ans un allié-clé des Etats-Unis dans la lutte contre l'extrémisme islamiste dans la Corne de l'Afrique.
 
En juillet, quand avait été évoquée l'hospitalisation de M. Meles à Bruxelles, une source diplomatique avait souligné que sa disparition aurait de sérieuses conséquences pour cette région très instable. "Il a su imposer son autorité à ses voisins", et il est "un pôle de stabilité entre le Soudan, l'Erythrée et la Somalie", avait expliqué la source.
 
Les mandats de M. Meles ont notamment été marqués par une guerre frontalière très meurtrière avec l'Erythrée voisine entre 1998 et 2000 et deux interventions militaires en Somalie. La première de fin 2006 à début 2009, la deuxième depuis fin 2011 contre les insurgés islamistes shebab.