Le premier ministre chinois Li Keqiang et Merkel s'affichent unis à Berlin

La Chine et l'Allemagne veulent intensifier leur relation. C'est ce qui est ressorti de la rencontre entre Angela Merkel et le premier ministre chinois Li Keqiang.

10 oct. 2014, 19:56
epa04439592 German Chancellor Angela Merkel (R) greets Chinese Prime Minister Li Keqiang (L) with military honours in front of the chancellery prior to the beginning of the third German Chinese government consultations in Berlin, Germany, 10 October 2014.  EPA/RAINER JENSEN

La chancelière allemande Angela Merkel et son homologue chinois Li Keqiang ont fait voeu vendredi à Berlin d'intensifier encore la relation entre les deux pays. Ils ont qualifié ce lien de "pôle de stabilité" dans un contexte économique mondial tendu.

"Dans un contexte difficile pour l'économie internationale, c'est un signe de stabilité que la coopération germano-chinoise se développe aussi bien (et) que nous apprenions à mieux nous connaître", a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse commune des deux dirigeants.

M. Li a participé vendredi, avec 14 membres de son gouvernement, à des consultations inter-gouvernementales avec l'équipe de la chancelière. L'Allemagne est le seul pays avec lequel la Chine cultive ce format. A cette occasion les gouvernements des deux grandes puissances exportatrices ont signé de nouveaux accords de coopération, dans l'énergie et la santé par exemple.

Voiture connectée

Sur le plan commercial, la Chine s'est engagée à acheter 70 moyen-courriers A320 à l'avionneur européen Airbus. Le constructeur automobile Volkswagen a prolongé jusqu'à 2041 son partenariat avec son partenaire chinois FAW, alors que le concurrent Daimler s'est engagé à de nouveaux investissements en Chine. Deutsche Telekom a dévoilé la création d'une co-entreprise dans la voiture connectée avec China Mobile.

La Chine est le troisième partenaire commercial de l'Allemagne, avec des échanges atteignant 140 milliards d'euros l'an dernier. Et sur les trois premiers trimestres de cette année, le commerce bilatéral a encore fortement progressé, a avancé M. Li, "malgré une économie mondiale faible".

"Nous sommes dépendants l'un de l'autre, nous formons une communauté de destin", a-t-il estimé, en soulignant le contexte économique difficile qui rend, selon lui, encore plus nécessaire les coopérations internationales. La relation germano-chinoise est "la locomotive pour la coopération entre la Chine et l'Europe", a-t-il ajouté.

Sujets de frictions

Quelques sujets de friction n'ont pu assombrir vendredi les manifestations d'amitié entre Pékin et Berlin. Les deux chefs de gouvernement sont même allés jusqu'à exprimer leur complicité en allant ensemble au supermarché, où la chancelière a acheté du chocolat à son invité, entre deux rendez-vous.

Interrogée sur la situation à Hong-Kong, où des milliers de manifestants étaient encore mobilisés vendredi, Mme Merkel s'est abstenue de critiquer le régime de Pékin. Elle s'est contentée d'"espérer que puisse être trouvée une solution qui satisfasse la population de Hong Kong dans le cadre d'un échange libre d'opinions".

Le président chinois Xi Jinping était déjà venu en Allemagne en mars. Quant à la chancelière, elle s'est déjà rendue sept fois en Chine, dont la dernière fois en juillet.