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Le policier lyonnais a-t-il couvert des homicides?

10 nov. 2011, 04:15

L'affaire Neyret, du nom de ce policier lyonnais incarcéré pour corruption, prend un tour inquiétant. Alors que le contenu de certaines auditions commence à filtrer, «Le Figaro» révèle que l'Inspection générale des services (IGS), la police des polices en charge des investigations, explore la piste de possibles homicides. «Il faut s'attendre à tout, même au pire», confie un fonctionnaire de haut rang. Le policier lyonnais aurait-il ainsi pu «couvrir» des règlements de comptes?

Les «bœuf carottes» font, en tout cas, remonter une à une toutes les procédures où apparaissent les noms des protagonistes de cette affaire, pour voir si des disparitions suspectes ne sont pas signalées chez les ennemis des personnages les plus impliqués dans les divers trafics qui se font jour depuis le placement sous surveillance de l'ancien numéro deux de la police judiciaire lyonnaise.

Déjà, l'IGS a pu constater que Michel Neyret ne ménageait pas sa peine pour renseigner ses «amis» du milieu sur ce que la police savait d'eux. Pour leur compte, il consultait notamment la base Interpol, ce fichier de police international où est inscrit le pedigree des gros voyous. L'ex-numéro deux de la PJ lyonnaise se trouve, du coup, fortement suspecté d'avoir aidé des fugitifs à échapper à la justice.

A en croire certaines indiscrétions, Michel Neyret aurait «contaminé 25 fonctionnaires de police de tous grades», en les impliquant dans ses pratiques douteuses de rétribution des personnes qu'il présentait comme ses indicateurs.

Une épouse blessée

On sait aujourd'hui que les femmes ont été un élément déterminant dans ce dossier. Nicole Neyret n'a visiblement guère apprécié les infidélités que lui aurait faites son mari. «Des truands qui mettent des filles dans les pattes des poulets en pleine crise de la cinquantaine? C'est un grand classique!», déclare un policier qui l'a bien connu.

Les écoutes téléphoniques témoignent que Nicole Neyret a tout fait pour tenter de sortir son mari des griffes de ses nouveaux «amis». Elle lui a ainsi reproché ouvertement de fréquenter Gilles Bénichou, un petit escroc mythomane, et Stéphane Alzraa, un gros poisson du crime organisé. En garde à vue, cette femme blessée a aussi reconnu qu'elle fouillait les poches de son mari lorsqu'il prenait sa douche. Elle y trouvait «des billets de 100 euros». Elle n'a pas hésité à dire de lui que c'était un «flic véreux», implorant Bénichou d'arrêter de le «pourrir» avec son argent.

La police a remarqué que Michel Neyret n'avait pas retiré plus de 500 euros avec sa carte bancaire depuis janvier 2011, utilisant sa carte seulement neuf fois en cinq mois, alors qu'il s'en servait régulièrement avant de fréquenter ses amis de la «Côte». Interrogé par l'IGS sur le liquide qu'il dépensait, il a répondu: ce sont «des gains au casino». Dans son audition, il déclare aussi avoir bénéficié d'un «héritage en pièces d'or» d'une vieille dame de Vienne (Isère) dont sa femme était, selon lui, légataire.

Hier, un cadre des douanes niçoises a été placé en garde à vue. Les enquêteurs s'intéressent notamment à des voyages qu'il aurait effectués avec Michel Neyret, qui fut nommé de 2004 à 2007 à la tête de la PJ de Nice. La ville où il aurait apparemment commencé à «perdre la tête». jean-marc leclerc - le figaro

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