Le Parti démocrate déjà au travail

01 sept. 2009, 04:15

Au lendemain de sa victoire écrasante aux législatives, le Parti Démocrate du Japon a entamé hier ses consultations en vue de former le futur gouvernement. La nouvelle équipe au pouvoir aura la lourde tâche de redresser une économie fragile et d'engager des réformes sociales ambitieuses.

Le président du PDJ (centre), Yukio Hatoyama, devrait être élu Premier ministre d'ici deux semaines par la nouvelle Chambre des députés, où son parti a remporté 308 sièges sur 480. Il annoncera peu après la composition de son gouvernement, qu'il compte élargir à deux autres partis d'opposition dans un souhait d'ouverture.

Dans l'intervalle, c'est le gouvernement sortant du premier ministre Taro Aso qui continuera à diriger le pays. Son parti, le Parti Libéral-Démocrate (PLD-droite), qui a régné sur le Japon pendant 54 ans quasiment sans interruption, ne conserve que 119 sièges sur les 300 qu'il détenait. Taro Aso a annoncé qu'il assumait la responsabilité de cette cuisante défaite et qu'il allait démissionner de la présidence du PLD.

Après l'euphorie de la victoire, les choses sérieuses commencent pour les Démocrates, qui vont pour la première fois faire l'expérience du pouvoir. «Nous n'allons pas imposer nos politiques», a averti Yukio Hatoyama hier matin sur la chaîne publique NHK. «Nous devons faire preuve de patience et rechercher la compréhension du peuple».

Le futur premier ministre hérite d'un Japon vieillissant, dont la population décline inexorablement, et d'une économie encore fragile après avoir traversé la plus grave récession d'après-guerre, avec un taux de chômage record.

Il a annoncé qu'il voulait «réguler les excès» du capitalisme. «Nous accordons bien sûr beaucoup d'importance à la croissance économique, mais nous devons avant tout augmenter le revenu des individus», a-t-il souligné.

Le programme du PDJ prévoit l'augmentation des allocations pour les chômeurs, les familles et les retraités, ainsi que la gratuité partielle de l'éducation, une prime à la naissance et la suppression des péages sur les autoroutes.

Le programme de relance par la consommation du PDJ se heurte au scepticisme de nombreux économistes, qui s'interrogent notamment sur son financement alors que la dette publique japonaise atteint déjà 170% du PIB.

L'ensemble de la presse japonaise a relevé hier qu'en votant pour l'alternance, les Japonais ont d'abord voulu sanctionner les excès de la politique libérale menée par les conservateurs au cours des dernières années, responsable selon eux de l'aggravation des disparités sociales, du chômage et de la précarité.

Ils vont probablement laisser le temps au jeune Parti Démocrate, né il y a 11 ans, de trouver ses marques. Mais s'ils ne constatent aucun changement, la sanction pourrait tomber dès les élections sénatoriales de l'été prochain. /ats

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