Le "non" à l'indépendance arrive en tête du référendum en Ecosse

NO! Les écossais ne veulent pas de leur indépendance. A l'issue du référendum, ils sont 55,3% à avoir voté "non".

19 sept. 2014, 10:00
L'Écosse a rejeté son indépendance, lors du référendum du jeudi 18 septembre 2014.

Le "non" remporte le référendum d'indépendance en Ecosse vendredi après le dépouillement des 32 circonscriptions du pays. Le "non" comptabilise 55,3% des bulletins de vote, contre 44,7% pour le camp du "oui", d'après la BBC.

La campagne du "non" a recueilli 2'001'926 bulletins de votes, tandis que le "oui" totalise 1'617'989 votes. Un total de 1'852'828 votes était nécessaire pour remporter le référendum.

Seuls les 4,2 millions d'électeurs résidents en Ecosse étaient habilités à voter. Les 95,8% de Britanniques restants, Anglais, Gallois et nord-Irlandais, ont assisté en spectateurs au scrutin déterminant pour le sort du Royaume-Uni.

La Vice-Premier ministre écossaise et numéro deux du Scottish National Party, Nicola Sturgeon, a reconnu la défaite probable de son camp alors que 60% des bulletins avaient été dépouillés. "Il y a une réelle déception à échouer de si peu", a-t-elle dit sur BBC.

Déception des partisans du oui

À Edimbourg, comme ailleurs en Ecosse, les partisans du oui étaient anéantis vendredi en apprenant la victoire du non à l'indépendance au référendum d'auto-détermination. Au pied du château, dans le centre-ville de la capitale, des partisans du "Yes", en kilt pour certains, étaient en larmes après avoir passé une nuit blanche à vibrer, chanter, boire et attendre le verdict sous une pluie fine.

Le président du Parlement européen "soulagé"

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, s'est déclaré "soulagé du résulat" du référendum en Ecosse. "La prochaine fois que je vais rencontrer David Cameron, je lui dirai que je trouve que c'est bien d'avoir un Royaume-Uni dans une Europe unie".

"J'avoue: le résultat me soulage. Je suis content du résultat (...) Je crois que c'était un processus démocratique national en Grande-Bretagne, où le référendum a été reconnu par le gouvernement à Londres."

David Cameron promet une réforme

Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré vendredi que la victoire du "non" au référendum d'autodétermination en Ecosse ouvrait la voie à une réforme constitutionnelle profonde au Royaume-Uni. Selon lui, ce vote a toutefois durablement refermé la page d'un possible éclatement du Royaume-Uni.

Dans un discours prononcé devant le 10 Downing Street, David Cameron s'est engagé à octroyer rapidement des pouvoirs élargis à l'Ecosse, mais aussi à l'Angleterre, au Pays de Galles et à l'Irlande du Nord. Ils toucheront notamment les questions fiscale, budgétaire et le domaine de la couverture sociale.

Il a précisé que les projets de loi octroyant de nouveaux pouvoirs à l'Ecosse seraient finalisés d'ici au mois de janvier. Le processus se déroulera "en parallèle" pour les trois autres composantes du Royaume-Uni.

Le Premier ministre britannique a estimé qu'il était "juste" que les Ecossais aient pu s'exprimer sur l'indépendance. Leur vote "sans équivoque" a cependant refermé durablement la page d'un possible éclatement du Royaume-Uni.

"Le débat a été tranché pour une génération (...) Il ne peut y avoir de contestation, de nouveau scrutin. Nous avons entendu la volonté très claire des Ecossais", a dit David Cameron.