Le mouvement anti-islam Pegida tente de s'implanter en Suisse

Le mouvement anti-islam Pegida, qui a démarré en décembre dans les rues de Dresde (Allemagne), prévoit une manifestation le 16 février en Suisse.
12 janv. 2015, 16:03
epa04553933 Thousands of people participate in a rally under the motto 'For Dresden, for Saxony - for cultural openness, humanity and dialogue in cooperation' in front of the Frauenkirche (Church of Our Lady) in Dresden, Germany, 10 January 2015. One poster reads 'We are Dresden'. The Lord Mayor of Dresden, Helma Orosz, and the Minister President of Saxony, Stanislaw Tillich, had called for the rally. An anti-Islam movement called 'Pegida' has staged weekly protests in the eastern German city of Dresden since October.  EPA/ARNO BURGI

Le mouvement anti-Islam Pegida qui a réuni depuis décembre des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Dresde, en ex-Allemagne de l'Est, fait son entrée en Suisse. Lancé vendredi dernier à Zurich, il prévoit une manifestation le 16 février. Plusieurs observateurs restent sceptiques sur les réelles chances de mobilisation.

Pegida Suisse avance couvert: son comité, composé d'une douzaine de personnes, est anonyme et seul son "porte-parole" est nommément connu. Il s'agit du St-Gallois Ignaz Bearth, actuel président du Parti suisse de la démocratie directe (Die Direktdemokratische Partei Schweiz). Il était anciennement membre du Parti nationaliste suisse (PNOS).

Le mouvement invite toutes les personnes éprises de liberté à s'engager contre l'islamisation de l'Occident. Sur sa page Facebook, il présente son programme en 14 points, comme plusieurs médias en ont rendu compte. Il est ainsi contre le port de la burka en Suisse et contre la visite d'imams dans les écoles.

Mais il reprend aussi des thèmes chers à l'UDC comme une fidèle mise en vigueur de l'initiative contre l'immigration de masse, le renvoi des criminels étrangers ou encore le refus des juges de la Cour européenne des droits de l'homme.

Pas de concurrence

Interrogés sur d'éventuels liens entre l'UDC et Pegida, les conseillers nationaux Walter Wobmann (UDC/SO) et Ulrich Schlüer (UDC/ZH) affirment qu'il n'y a pas eu de contacts, à leur connaissance. "Pegida n'est pas quelque chose d'important pour l'UDC, car tous les sujets que ce mouvement venu d'Allemagne met en avant ont déjà été thématisés par les démocrates du centre", selon le Zurichois.

Georg Lutz ne croit pas non plus que Pegida fera de l'ombre à l'UDC. Ce mouvement d'extrême-droite est pour le moment assez isolé sans aucune personnalité connue, ni parti derrière lui. "Et l'UDC va faire assez attention à ne pas être assimilé à Pegida", estime le professeur de l'Université de Lausanne, rappelant que le parti ne veut pas passer pour raciste.