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Le marathon de Benoît XVI

18 août 2011, 11:05

Le long repos estival pris par le pape à Castel Gandolfo, dans sa résidence d'été dont il n'a pas bougé, ne sera pas de trop pour affronter la densité des quatre jours de visite qu'il entame aujourd'hui à Madrid pour les Journées mondiales de la jeunesse. À 84 ans, l'âge où Jean-Paul II s'est éteint, Benoît XVI ne bénéficiera d'aucun programme allégé.

Dès son arrivée, prévue à midi, où l'accueilleront le roi Juan Carlos et son épouse, il va enchaîner trois rendez-vous cet après-midi dont une première rencontre, ce soir, avec plus de 500 000 jeunes. Six autres, demain, dont un chemin de croix dans les rues. Six contacts de foule, samedi, dont la grande veillée, point d'orgue des JMJ. Et quatre rencontres dimanche, dont la messe finale. Il doit regagner Rome dans la soirée. Soit 19 actes publics en quatre jours avec douze discours prononcés.

Point presse dans l'avion

Pour ses dernières JMJ à Toronto, au Canada, en 2002, Jean-Paul II, qui avait alors 82 ans, n'avait tenu que quatre rendez-vous. Il était alors très malade. Ce qui indique que le lourd agenda madrilène accepté par Benoît XVI - malgré la chaleur intense prévue, 37° degré et plus... - doit lui être supportable. Une bonne plage de repos lui est toutefois réservée chaque après-midi.

Ce matin, dans l'avion, lors d'une conférence de presse, le pape devrait fixer les enjeux de sa visite. Le 6 août dernier, il avait levé le voile sur son 20e voyage à l'étranger depuis son élection en 2005. Une visée très européenne - même si le million de jeunes et plus, attendus à Madrid, provient de 193 pays pour activer le réveil chrétien du Vieux Continent.

Il a en effet observé que les dernières JMJ sur le sol espagnol remontaient à 1989. A Saint-Jacques-de-Compostelle Jean-Paul II avait sonné le lancement de la «nouvelle évangélisation». Ce qui fut fort critiqué à l'époque. Mais, note son successeur, «c'était juste quelques mois avant la chute historique du mur de Berlin» (le pape allemand doit s'y rendre le 22 septembre prochain)». Et d'annoncer, «aujourd'hui, à un moment où l'Europe a grand besoin de retrouver ses racines chrétiennes, nous nous sommes donné rendez-vous à Madrid autour du thème "Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi"».

Consolider la foi catholique

Affermir la foi: la consolidation de la foi catholique est bien le maître mot du pontificat de ce pape théologien. Même s'il entend s'adresser à Madrid, «à tous les jeunes, ceux qui partagent notre foi en Jésus-Christ, ceux qui hésitent, ceux qui doutent ou ne croient pas en Lui», il a surtout lancé, lors de cette courte intervention du 6 août, un appel vibrant aux fidèles catholiques: «Chers jeunes, l'Église compte sur vous!» Car «votre présence rénove l'Église, la renouvelle et lui donne un nouvel élan».

Les jeunes, eux, contrairement aux timides débuts du «jeune» Pape fraîchement élu, lors des JMJ de Cologne en 2005, semblent l'avoir définitivement adopté.

Prière pour Jean-Paul II

Mardi soir, 500 000 d'entre eux ont d'ailleurs exprimé cet attachement lors de la messe d'ouverture. Ils ont certes prié Jean-Paul II, père des JMJ qui n'hésita pas avec sa canne à imiter Charlie Chaplin sur la scène des JMJ de Manille en 1995, mais sans nostalgie.

La génération Benoît XVI a remplacé la génération Jean-Paul II. Plus minoritaire, elle est plus exigeante sur l'intériorité et l'identité catholique. Un sondage sur les «Jmjistes» français - ils sont 50 000, la seconde délégation, hors Espagne, après l'Italie - publié par «La Vie» le démontre. Ils témoignent d'un très fort taux de pratique religieuse - proche de 90% - et affirment leur harmonie avec l'éthique catholique.

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