Le juge de Saddam démissionne

Sous le feu de la critique, on lui reproche d'être trop mou, le président du Haut tribunal pénal Rizkar Amine présente sa démission Le président du Haut tribunal pénal irakien jugeant Saddam Hussein, le Kurde Rizkar Amine, a présenté sa démission. Il entend protester contre les pressions dont il fait l'objet et pose à nouveau la question de l'indépendance d'un tel procès.

16 janv. 2006, 12:00

Le gouvernement a reçu la lettre de démission de Rizkar Amine il y a quelques jours, a indiqué hier une porte-parole du premier ministre Ibrahim Jaafari. Selon une source proche du tribunal, le juge a démissionné pour protester contre «les critiques» d'hommes politiques, y compris au gouvernement, qui n'apprécient pas sa manière, jugée molle, de conduire le procès de l'ancien président.

Tribunal controversé

Saddam Hussein et sept coaccusés sont jugés pour le massacre de près de 150 villageois chiites après une attaque contre le convoi de l'ex-président en 1982 à Doujaïl, village situé au nord de Bagdad. La prochaine audience est prévue le 24 janvier. Les critiques contre Rizkar Amine concernent notamment les dernières audiences des 21 et 22 décembre. Saddam Hussein avait insulté les présidents américains Bush père et fils et s'était livré à un discours enflammé condamnant l'occupation américaine. La démission du juge pose la question de l'organisation, en Irak même, du procès des anciens dirigeants irakiens. Cette question avait été soulevée lors de l'assassinat de deux avocats de la défense, après l'ouverture du procès, le 19 octobre.

L'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, s'était interrogée sur le bien-fondé de l'insistance américaine pour que le procès soit mené par un tribunal entièrement irakien, au détriment d'un tribunal international, moins enclin aux interférences politiques.

Rapport jeudi

Sur le plan politique, la mission internationale d'experts, chargée d'évaluer le déroulement des élections générales du 15 décembre, a reporté à jeudi la publication de ses conclusions, prévue initialement hier. Les partis laïques et la minorité sunnite ont dénoncé des fraudes lors du scrutin, remporté par la majorité chiite, et certains ont demandé la tenue de nouvelles élections. La publication du résultat des élections est attendue pour donner le véritable coup d'envoi pour la formation du nouveau gouvernement.

Par ailleurs, le ministère de la Justice a annoncé hier la libération de 500 prisonniers «dont l'innocence a été reconnue». / ats-afp-reuters