Le Chili bascule à nouveau à droite

19 janv. 2010, 04:15

L'entrepreneur multimillionnaire Sebastian Pinera a été élu dimanche président du Chili. Une élection qui marque le retour de la droite au pouvoir, après vingt ans de gouvernement de centre gauche depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Sebastian Pinera, battu par la présidente socialiste sortante Michelle Bachelet en 2005, a devancé son rival de centre gauche Eduardo Frei de plus de trois points, à 51,61% contre 48,38%, selon des résultats officiels portant sur 99% des bulletins.

L'alternance à droite, plus qu'un profond changement de cap de gouvernance, marque un virage symbolique au Chili, dirigé par la Concertation, coalition de quatre partis de centre gauche, depuis le retour de la démocratie en 1990.

Dans son discours de victoire, face à 30 000 partisans sur une place du centre de Santiago, Sebastian Pinera a promis un gouvernement d'unité nationale pour «faire tomber les murs qui divisent» le Chili, hérités de son passé politique. «Notre pays a besoin d'unité», a déclaré Sebastian Pinera lors d'une brève apparition en vainqueur, aux côtés d'Eduardo Frei et de sa famille. Le précédent président de droite élu remontait à 1958.

Eduardo Frei a rapidement reconnu sa défaite. Cet ancien président (1994 à 2000) n'a jamais pu tirer parti de la popularité de Michelle Bachelet, qui finit son mandat avec une cote record de 80% mais ne peut briguer deux mandats consécutifs.

Sportif et énergique sexagénaire, Sebastian Pinera a bâti l'essentiel de son message sur le besoin de renouvellement et sur «l'usure», la «fatigue» de la Concertation après 20 ans de pouvoir.

Il s'est présenté en garant de l'héritage social de Michelle Bachelet, promettant de poursuivre sa lutte contre la pauvreté et de créer un million d'emplois, tout en renforçant la lutte contre la délinquance. Il a aussi affiché son attachement au modèle d'«économie sociale de marché», qui a fait du Chili un des pôles de prospérité d'Amérique latine.

Sebastian Pinera, un des Chiliens les plus riches - son patrimoine fut évalué à 1,2 milliard de dollars - est un économiste de formation, qui fit fortune dans la monétique dans les années 1980. Il a promis de vendre ses parts une fois élu - il possède, entre autres, une télévision privée et un club de football - ce qui lui valut, de la gauche, le surnom de «Berlusconi chilien». /ats-afp

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