Le centre droit courtise José Manuel Barroso

09 juin 2009, 04:15

Au lendemain de sa large victoire aux élections européennes, le centre droit a accéléré hier sa campagne pour obtenir la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission de Bruxelles. La plupart des dirigeants des 27 pays de l'Union européenne se sont déjà prononcés en sa faveur.

Malgré la défaite des partis au pouvoir dans plusieurs des pays les plus durement touchés par la crise et en dépit d'un taux record d'abstention de 57,15%, les conservateurs l'ont emporté dans la plupart des grands pays.

José Manuel Barroso est candidat à sa propre succession pour un mandat de cinq ans à la tête de la Commission européenne, organe exécutif doté de pouvoirs en matière de régulation et de proposition législatives. Le rôle du président de la Commission est déterminant dans les relations entre l'UE et ses 27 membres, souvent réticents face aux initiatives de Bruxelles.

Le Parti populaire européen (PPE), premier groupe politique au parlement, a dit hier s'attendre à ce que Barroso reçoive le soutien des chefs d'Etat et de gouvernement lors du Conseil européen des 18 et 19 juin, puis des députés.

«Je ne suis pas inquiet du tout sur ce sujet», a déclaré l'eurodéputé (PPE) Joseph Daul, à propos des résistances opposées à l'ancien premier ministre portugais, âgé de 53 ans.

Les détracteurs de Jose Manuel Barroso lui reprochent d'être un ardent défenseur du libéralisme et de faire peu de cas des questions sociales. Conforté par son succès, le centre droit a rejeté les appels au report de l'élection du président de la Commission après le nouveau référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, prévu en octobre. Selon les projections diffusées par le Parlement européen, le PPE devrait compter 263 sièges dans le nouvel hémicycle de 763 députés, contre 288 dans l'assemblée sortante qui comptait 49 places de plus.

Les partis de centre droit l'ont emporté dans une majorité de pays, dont la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et la Pologne. En Grande-Bretagne, les tories sont donnés largement en tête mais leur maintien dans le groupe PPE n'est pas assuré. Les écologistes ont pour leur part gagné neuf sièges (52) à l'occasion de ce scrutin dont les grands vaincus sont les socialistes. Le groupe PSE (Parti socialiste européen) devrait compter 161 membres contre 217 jusqu'alors.

Les partis eurosceptiques et d'extrême droite ont réalisé des scores importants dans plusieurs pays - Grande-Bretagne, Pays-Bas ou Hongrie. Ils totaliseraient plus de 120 élus dans le nouvel hémicycle. Mais cette visibilité renforcée est également marquée par de fortes différences et ne devrait pas peser sur les décisions. Ces résultats non définitifs laissent entrevoir des votes plutôt aisés au parlement, même si le PPE devra nouer des alliances pour atteindre la majorité absolue qu'il n'a pas obtenue seul. /ats-afp

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