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«La vocation du Congo n'est pas d'être le maillon faible»

Le président français Nicolas Sarkozy a précisé hier à Kinshasa ses propositions de paix controversées pour un règlement du conflit qui ravage l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Il a insisté sur un «nouvel élan» de la coopération régionale.

27 mars 2009, 04:15

Après un entretien avec son homologue congolais Joseph Kabila ponctué d'un bref bain de foule, Nicolas Sarkozy s'est longuement attaché, devant le Parlement congolais, à lever les malentendus suscités à Kinshasa par des déclarations de janvier où il suggérait un partage «de l'espace» et des «richesses» minières entre la RDC et le Rwanda voisin.

Dans un discours aux termes soigneusement pesés et moins abrupts que les précédents, il a salué la «décision courageuse» du président Kabila d'avoir invité le Rwanda à l'opération militaire conjointe lancée en janvier dans l'est de son pays pour nettoyer l'est du pays des rébellions, notamment des rebelles hutu rwandais.

«Je veux y voir les prémices d'une véritable refondation de la région, car une coopération structurée, c'est la certitude pour tous d'être gagnants», a assuré Nicolas Sarkozy. Se refusant de «donner des leçons» à ses hôtes, il a suggéré à la RDC et au Rwanda, mais aussi au Burundi, à l'Ouganda, à la Tanzanie et même au Kenya voisins, de prolonger cette démarche en donnant un «nouvel élan» à leur coopération autour de «projets qui fédèrent».

«La paix et la prospérité de l'Europe se sont construites sur ces bases», a rappelé le président français. Il a proposé la création d'une «agence régionale pour le développement et l'aménagement» et souhaite accueillir à Paris en 2010 une conférence des bailleurs de fonds pour soutenir la coopération économique dans l'Afrique des Grands lacs. Saluant «un géant» africain, Sarkozy a martelé que «la vocation du Congo n'est pas d'être le maillon faible de l'Afrique centrale» mais «sa colonne vertébrale». Il a dénoncé le «gâchis» d'un pays qui a «la fortune à portée de main» mais «reste pauvre».

«La faiblesse du Congo veut dire l'instabilité de l'Afrique, l'Afrique et le monde ont besoin de vous», a-t-il lancé à des parlementaires ravis. Tout à son effort d'apaisement, le chef de l'Etat français s'est abstenu de réutiliser le mot «partage», que Kinshasa avait considéré comme une volonté de démembrer son territoire au profit du voisin et ennemi rwandais.

Au président du Sénat qui l'accueillait en rappelant «l'intangibilité des frontières» de l'ex-Zaïre, Nicolas Sarkozy a tenu à mettre définitivement les points sur les i en rappelant «la souveraineté inaliénable du Congo». Le président français a également rendu hommage à la «fragile démocratie» congolaise, créditant son président d'une transition réussie. Alors que des ONG se déclarent «préoccupées» par la dégradation de la situation politique, il a plaidé pour la tenue d'élections locales «dans un délai raisonnable».

Arrivé avec un groupe de patrons français, Nicolas Sarkozy a enfin promis «d'encourager» les entreprises françaises à renforcer leur présence jusque-là anecdotique dans l'ex-colonie belge, en passe de devenir le plus grand pays francophone de la planète. Présence qui devrait être facilitée par un accord de protection des investissements que les deux pays se sont engagés hier à conclure rapidement. /ats-reuters

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