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La rock'n'roll attitude de Bilic

Slaven Bilic, guitariste à ses heures, tatoué et des airs de mauvais garçon: le coach croate détone. Son style atypique permettra-t-il de battre l'Allemagne ce soir? Lorsque vous débarquez dans le repaire croate vous êtes sur une autre planète. Décontraction, nonchalance, ambiance de vacances... Bref, rien ne vous rappelle ces équipes aseptisées, leurs faits et gestes mesurés, leur hygiène de vie monacale. «Il règne chez nous une ambiance extraordinaire. Quelques joueurs ont même renoncé à leur chambre individuelle pour passer plus de temps avec un coéquipier. Cet excellent esprit est l'un de nos atouts.»

12 juin 2008, 12:00

Ces paroles sont de Slaven Bilic: homme providentiel qui a reconstruit la sélection sur les ruines de l'échec du Mondial 2006 selon sa conception plutôt atypique des choses. Atypique comme ses T-shirts du «Che»; comme ses baskets «Converse» qu'il lâche difficilement contre des chaussures mieux adaptées à son costard les jours de match; comme son anneau à l'oreille ou ses tatouages sur le biceps?

Autant de signes trahissant sa seconde passion: la musique. Guitariste dans un groupe de heavy metal, Bilic détonne dans le concert du football actuel. Intraitable sur le terrain où sa tactique doit être appliquée à la lettre sous peine de se voir immédiatement remplacé, il laisse en revanche beaucoup d'indépendance à ses protégés hors de la compétition. Jusqu'à autoriser la présence des épouses à chaque instant de libre. «Les compagnes ont le droit de venir», confirme le plus jeune coach de cet Euro (39 ans). «Mais elles sont toutes restées en Croatie. Ici, on travaille. Pour elles, la vie semblerait trop ennuyeuse...»

Impayable Bilic, dont la seule exigence concerne l'alcool. Les minibars des chambres ont donc été vidés. Non sans raison: certains de ses internationaux (comme Ivan Rakitic, sanctionné ce printemps par Schalke après avoir passé la nuit en discothèque) ont un penchant avéré pour la fête. Cela n'a pas empêché le gardien remplaçant Runje d'être surpris en plein jour sur la terrasse, fumant le cigare. La scène a fait le régal des paparazzis autrichiens. Mais pas de quoi fâcher le coach. «Beaucoup de mes joueurs fument», justifie-t-il. «Comme moi-même et une grande partie du staff technique.»

La décontraction de Bilic et de cette rock'n'roll Croatie pourrait faire merveille contre l'Allemagne. Le sélectionneur y croit. «Nous avons peut-être mal joué la seconde mi-temps contre l'Autriche, mais la première était excellente. Il faudra hausser notre niveau de jeu, mais je suis confiant.»

La victoire dépendra aussi de la forme de Mladen Petric, très décevant dimanche et remplacé à la 72e minute. «Mladen a été bon. Mais je veux des joueurs très bons», coupe Bilic. «J'attends plus de lui. C'est un joueur très important, dont nous avons besoin.» / PAD

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