La pression croît sur les Etats-Unis

25 oct. 2010, 12:24

La pression s'est accentuée hier sur les Etats-Unis pour qu'une enquête soit ouverte après la publication de quelque 400 000 documents sur le site WikiLeaks. Ceux-ci révèlent des cas de mauvais traitements couverts ou commis par l'armée américaine lors de la guerre en Irak.

«Nous pouvons déplorer la manière dont ces fuites ont eu lieu mais je pense que la nature des allégations faites est extraordinairement sérieuse», a déclaré le vice-premier ministre britannique Nick Clegg, hier dans une interview à la télévision BBC One.

«Tout ce qui laisse à penser que des règles de base de la guerre, des conflits et du combat, ont été violées ou que de la torture a pu être de quelque manière que ce soit tolérée est extrêmement grave et doit être examiné», a poursuivi Nick Clegg. Le vice-premier ministre est connu pour son opposition à l'engagement de Londres dans la guerre en Irak, qu'il avait déjà qualifiée d'«illégale».

La veille, le Ministère britannique de la défense avait condamné la publication «non autorisée de documents classés». «Cela peut représenter un risque pour la vie des troupes britanniques et celles de nos alliés», assurait-il dans un communiqué. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le Ministère australien de la défense ont également dénoncé un danger pour les troupes sur le terrain. Publiés vendredi sur le site de WikiLeaks, les quelque 400 000 rapports d'incidents, écrits de janvier 2004 à fin 2009 par des soldats américains, relatent de nombreux cas de torture par les forces irakiennes, ainsi que «plus de 300 cas de torture commis par les forces de la coalition», selon le fondateur du site, Julian Assange.

Ce dernier a assuré, samedi à Londres, avoir voulu rétablir «la vérité» sur la guerre en Irak, promettant de plus la diffusion prochaine de nouveaux fichiers, cette fois sur l'Afghanistan.

Le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Manfred Nowak, a appelé le président américain Barack Obama à lancer une enquête. «Je me serais attendu à ce que (ce genre d'enquête) soit lancée depuis déjà longtemps, car le président Obama est arrivé au pouvoir en promettant le changement...

Amnesty International a elle aussi appelé Washington à lancer une enquête, évoquant «une grave violation du droit international» quand les forces américaines ont remis «des milliers de détenus aux forces irakiennes tout en sachant qu'elles continuaient à torturer». L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a demandé que «l'Irak poursuive les responsables de tortures et d'autres crimes» et que «les Etats-Unis enquêtent». /ats-afp