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«La mainmise de Chavez sur le pouvoir va s'accentuer»

L'approbation, dimanche au Venezuela, d'un amendement constitutionnel autorisant la réélection illimitée du chef de l'Etat ouvre la voie à une nouvelle candidature du président Hugo Chavez en 2012. Une situation qui pourrait encore renforcer sa mainmise sur le pouvoir.

17 févr. 2009, 11:21

La victoire du oui au référendum, avec 54,36% des suffrages, «rend à Chavez un certain sentiment de force et d'invulnérabilité», a déclaré Luis Vicente Leon, directeur de l'institut de sondages Datanalisis.

«C'est un pas en avant après l'échec de 2007 (réd: lors du précédent référendum qui proposait une vaste réforme de la Constitution) et de la victoire symbolique de l'opposition aux élections régionales et municipales de 2008, un scrutin où les antichavistes avaient gagné du terrain en remportant trois Etats ainsi que la mairie de Caracas», poursuit l'expert.

Toutefois, souligne-t-il, la victoire au référendum est très liée à la popularité du président socialiste, qui reste au-dessus des 50% dix ans après son arrivée au pouvoir en 1999.

«Il est très dépendant du taux d'approbation, et pour l'emporter lors des prochains rendez-vous électoraux, il lui faudra rester très lié au peuple. Or, il n'y a rien de plus volatile que la popularité», analyse-t-il. Bien avant l'élection présidentielle de 2012, les partisans du président devront se mesurer à l'opposition lors de législatives en 2010. Et les adversaires du chavisme, qui ont attiré 45,63% de votants, estiment que leurs forces sont loin d'être négligeables.

«Nous avons dépassé les cinq millions de voix. C'est 50% du Parlement», s'est félicité Ismael García, élu du parti de centre gauche Podemos. Mais l'opposition devra affronter les mêmes obstacles auxquels elle a dû faire face durant le référendum, victime, selon lui, «d'abus de pouvoir» alors que de très importants moyens de l'Etat ont été mis au service du oui. Ce handicap «ne va pas disparaître et les dirigeants de l'opposition vont devoir l'affronter de manière plus créative», ajoute Luis Vicente Leon. Son confrère de l'institut «Oeil électoral», Jose Virtuoso, s'inquiète, lui, de la division du Venezuela en «deux moitiés antagonistes qui n'arrivent pas à trouver un discours consensuel».

Le président, a-t-il encore estimé, a revendiqué dimanche soir la victoire, sans vraiment appeler à la réconciliation avec l'autre moitié du pays. Pour Jose Virtuoso, la réélection illimitée conduit tout droit à une démocratie basée sur le plébiscite, davantage fondée sur des «leaderships messianiques, légitimés par la popularité électorale». «Il y aura moins d'Etat et plus de mainmise de Chavez sur le pouvoir», résume-t-il.

L'approbation de l'amendement constitutionnel fait du Venezuela le premier pays d'Amérique latine à ouvrir la porte à des réelections présidentielles sans limite de mandats, a pour sa part noté le professeur de relations internationales Carlos Romero. «Il y a au Venezuela une dégradation de la démocratie, un cadre légal de plus en plus étroit, en raison de l'intention de maintenir Chavez au pouvoir sans respect du principe de l'alternance», estime-t-il.

afp

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