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La lutte contre le terrorisme sème la zizanie dans l'Union

Alors que Bruxelles prône l'adoption de nouvelles mesures préventives, Strasbourg conteste l'utilité des restrictions sur l'introduction de liquides dans les avions. Paradoxal. Alors que la Commission européenne juge que le risque d'attentats terroristes demeure très élevé dans l'Union et se prépare à proposer l'adoption de nouvelles mesures afin de les prévenir, le Parlement européen a contesté hier l'utilité des restrictions sur les liquides autorisés à bord des avions qui ont déjà été imposées aux passagers.

06 sept. 2007, 12:00

Au lendemain de l'arrestation, en Allemagne, de trois militants islamistes suspectés de préparer des attentats contre l'aéroport de Francfort et la base américaine de Ramstein, le commissaire européen aux affaires intérieures et judiciaires, Franco Frattini, a annoncé hier au Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, que Bruxelles allait adopter en novembre un nouveau plan d'action contre le terrorisme.

La Commission estime que le risque d'attentats demeure particulièrement élevé en Espagne, en Italie, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Selon Franco Frattini, il justifie que soient notamment instaurés au sein de l'Union un système d'échanges d'informations sur les passagers aériens (calqué sur le modèle de l'accord existant entre l'UE et les Etats-Unis), une base de données sur les vols d'explosifs et une criminalisation de l'utilisation d'internet à des fins terroristes (propagande, renseignements sur la fabrication d'explosifs, etc.).

Ces mesures viseraient à étoffer les différents règlements antiterroristes que l'Union a déjà adoptés et dont l'utilité est, pour certains d'entre eux, contestée.

Par 464 voix contre 158 (et 70 abstentions), les eurodéputés ont ainsi adopté hier une résolution qui demande à Bruxelles «de procéder d'urgence à la révision» des dispositions en vigueur sur l'introduction de liquides dans les avions et de les abroger «si aucun fait concluant supplémentaire n'est présenté» sur leur efficacité.

Depuis novembre 2006, les passagers prenant un avion au départ d'un aéroport de l'UE, de Suisse, de Norvège et d'Islande ne peuvent plus emmener dans leurs bagages à main des flacons ou des tubes, renfermant des liquides ou du gel, d'une contenance supérieure à 100 ml - sauf s'ils les ont achetés sur place, dans des boutiques hors taxes. Le Parlement européen «craint» que les surcoûts qu'engendrent pour les compagnies, les aéroports et les passagers la vérification et la confiscation de millions de produits «ne dépassent de loin l'amélioration de la sécurité découlant de son application». Strasbourg note en effet que «le contrôle de la présence de liquides dans les bagages à main à l'aide de rayons X ne permet pas de détecter la présence d'explosifs dans les liquides». / TVE

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