La grève d'Iberia très suivie, conséquences mineures en Suisse

Les employés d'Iberia entament lundi une grève de cinq jours pour protester contre les projets de la direction de supprimer 3807 emplois et de baisser les salaires. 415 vols ont déjà été annulés entre lundi et vendredi. En Suisse, la grève n'entraîne que peu de perturbations pour l'heure.

18 févr. 2013, 17:27
iberia

Des heurts entre manifestants et policiers ont éclaté lundi à l'aéroport de Madrid au premier jour d'une grève d'Iberia, très suivie. Son impact était toutefois limité par le service minimum, et les conséquences en Suisse ont été mineures.

Plusieurs milliers de salariés de la compagnie aérienne espagnole, qui protestent contre la suppression prévue de 3800 emplois, ont tenté d'entrer en force, à la mi-journée, dans le terminal T4 de l'aéroport de Barajas. Après plusieurs charges policières accompagnées de coups de matraques, les grévistes sont finalement entrés dans le terminal, où ils ont poursuivi leur manifestation.

Les principaux syndicats d'Iberia ont appelé à trois séries de cinq jours de grève, de lundi à vendredi, du 4 au 8 mars et du 18 au 22 mars, afin de protester contre la suppression de 3800 emplois, sur un total d'environ 20'000, annoncée par le groupe IAG (qui chapeaute British Airways et Iberia, fusionnés) dans le cadre d'un plan d'économies.

"Le mouvement est suivi à près de 100%", a affirmé José Carrillo, responsable du secteur aérien au syndicat Comisiones Obreras."Parmi les salariés qui ne sont pas réquisitionnés pour le service minimum, pratiquement aucun ne travaille", a-t-il souligné. Selon lui, à l'aéroport madrilène, seuls trois travailleurs d'Iberia sur "plusieurs centaines" ne sont pas grévistes.

Service minimum assuré

"Seuls partent les vols garantis dans le cadre du service minimum", a ajouté le syndicaliste. Iberia a prévu d'assurer 135 vols lundi, tandis que 81 autres ont été annulés. "Les vols garantis par le service minimum se déroulent comme prévu", a indiqué la compagnie.

Au total, Iberia prévoit d'annuler 415 vols dans la semaine. Selon les listes publiées sur le site internet de la compagnie, 20 vols étaient par ailleurs supprimés lundi chez Iberia Express et 57 chez Air Nostrum, deux filiales d'Iberia.

Dès samedi déjà, la compagnie affirmait avoir réussi à placer sur les vols d'autres compagnies la grande majorité des passagers concernés par les vols annulés - 85% selon elle -, les 15% restants devant être remboursés.

La grève chez Iberia a par ailleurs des conséquences lundi pour la compagnie à bas coût Vueling, qui sous-traite à Iberia certains services au sol comme l'enregistrement et traitement des bagages principalement.

L'association de consommateurs Fuci a appelé syndicats et direction d'Iberia à ne pas faire des consommateurs des "otages" du conflit social, et à respecter les droits des voyageurs. De son côté, la Facua, autre organisation de consommateurs, a appelé dans un communiqué les clients d'Iberia à "réclamer des indemnités pour le préjudice financier" subi, en plus du remboursement du billet.

Conséquences minimes en Suisse

En Suisse, la grève chez Iberia n'a presque pas eu de conséquences. Lundi à l'aéroport de Genève Cointrin, un seul des trois vols opérés par la compagnie espagnole a été supprimé, a fait savoir le porte-parole de l'aéroport Bertrand Stämpfli. Mardi, deux vols devraient être annulés. "On nous annonce ensuite une annulation quotidienne jusqu'à vendredi, jour de fin de la grève", a précisé M.Stämpfli.

L'aéroport de Zurich n'a pour sa part annoncé aucune annulation lundi. Une porte-parole a dit que pour l'heure, il n'y avait pas d'indications pour les jours à venir. Iberia n'entretient par ailleurs pas de liaisons avec l'EuroAirport de Bâle-Mulhouse.