La Francophonie appelle au changement politique

Le 13e Sommet de la Francophonie s'est clos hier. La présidente de la Confédération et du sommet Doris Leuthard a jugé les travaux fructueux, avec l'adoption d'une Déclaration de Montreux qui «remplit nos attentes». La rencontre a réuni 40 chefs d'Etat et de gouvernement durant deux jours sur les bords du Léman.

25 oct. 2010, 12:24

Aux côtés du Secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie Abdou Diouf, Doris Leuthard a présenté hier après-midi les résultats des travaux des dirigeants des pays membres de l'Organisation internationale de la francophonie. Adoptée par consensus, la Déclaration de Montreux est assortie de neuf résolutions.

Cette déclaration finale affirme la volonté des pays de la Francophonie de s'engager sur les thèmes de la gouvernance internationale. Le président français Nicolas Sarkozy avait défendu ce point samedi dans un discours enflammé à l'ouverture du sommet. Le texte appelle à une réforme urgente du Conseil de sécurité de l'ONU, mais aussi de la régulation financière ou du système monétaire international.

La sécurité alimentaire ou le changement climatique font aussi l'objet de déclarations d'intention, tout comme le soutien à l'utilisation élargie du français au sein des institutions internationales. Mais il ne s'agit surtout pas d'attaquer les langues dominantes, ont affirmé de concert Abdou Diouf et Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères. Neuf résolutions accompagnent le document principal. Elles portent sur des sujets de préoccupation spécifiques, tels que le soutien réitéré à Haïti, la situation explosive en Guinée, ou la lutte contre le terrorisme et la piraterie. Particulièrement attendue, la résolution sur le suivi des engagements pris il y a dix ans à Bamako sur la démocratie et les droits humains.

Amnesty International (AI) y voit une «bonne réaffirmation» de l'engagement des pays de la Francophonie. Mais un plan d'action et des moyens de contrôle manquent toujours, a commenté Daniel Bolomey, secrétaire général pour la section suisse d'AI.

Heureusement, les droits des femmes et la protection des défenseurs des droits humains y trouvent une place nouvelle, souligne le responsable. «Par contre, la déclaration sur l'impunité me semble plus faible que dans la première version», note-t-il. Prochaine étape pour Amnesty: «Nous devrions avoir une entrevue avec Abdou Diouf. Et nous comptons suivre ce dossier de très près en vue du prochain sommet à Kinshasa. La situation en République démocratique du Congo nous semble plus que préoccupante», souligne-t-il.

La question des droits de l'homme est cruciale pour la RDC. Le Sommet de Kinshasa devrait servir de test à la fois pour ce pays et pour la Francophonie au regard de la promesse réitérée de lutter en faveur de la bonne gouvernance et de l'Etat de droit.

Le président du Congo Joseph Kabila a brièvement pris la parole pour féliciter le gouvernement et le peuple suisse et remercier la Francophonie d'avoir choisi son pays pour le prochain sommet. «La RDC est sur la voie de la consolidation», a-t-il affirmé. Doris Leuthard a par ailleurs officiellement annoncé l'adoption au sein de l'OIF de cinq nouveaux pays observateurs: l'Estonie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la République dominicaine et les Emirats Arabes unis. Ceci porte à 75 le nombre total des pays de la Francophonie.

La conseillère fédérale s'est aussi réjouie de l'adoption par l'OIF de l'initiative suisse d'un «Réseau d'excellence des sciences de l'ingénieur de la Francophonie», sous la houlette de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

Enfin, elle a félicité Abdou Diouf pour sa réélection «par acclamation», samedi, pour un troisième mandat de quatre ans. Abdou Diouf a pour sa part annoncé un tout nouveau Forum mondial de la langue française au printemps 2012 à Québec. Un événement qui «ne sera pas institutionnel, mais festif, artistique, vivant», a-t-il souligné. /APR-ats