La croissance de la Chine au plus bas depuis presque un quart de siècle

La deuxième économie mondiale subit un véritable coup de frein en 2014 avec une croissance au plus bas depuis presque un quart de siècle.
18 janv. 2015, 13:21
epa04558332 (FILE) A file photo dated 09 September 2013 showing a general view of containers at the port of Qingdao, eastern China's Shandong province, China. The value of China's exports rose 9.7 per cent in December 2014 compared to the same period in 2013, according to customs data released 13 January 2015, marking a strong end to a slower year in terms of international trade. The total value of the country's exports and imports increased by 3.4 per cent compared to 2013, falling short of the government's target of a 7.5-per-cent increase..'A slowing recovery of global economy, weak domestic investment and demand, and falling commodity prices are the major reasons behind the weak foreign trade growth in 2014,' said China customs spokesman Zheng Yuesheng..The government wants to encourage domestic consumption to rebalance the economy against a reliance on exports, but the latest figures indicate that exports continue to be a key driver of China's economic growth.  EPA/WU HONG

La croissance économique de la Chine a fortement ralenti en 2014, glissant à un niveau plus vu depuis 24 ans, selon un panel d'analystes. Selon ces derniers, la deuxième économie mondiale continuera de s'essouffler en 2015, alors que Pékin poursuit ses efforts de "rééquilibrage".

Pas un effondrement, mais un coup de frein: le produit intérieur brut (PIB) chinois devrait avoir progressé l'an dernier de 7,3%, contre 7,7% en 2013, selon la prévision médiane d'un panel de 15 économistes interrogés par l'AFP. Le chiffre officiel - qui sera publié mardi - devrait signer la plus faible performance du géant asiatique depuis 1990, année suivant la répression du mouvement de la place Tiananmen.

Le ralentissement devrait se poursuivre en 2015, les experts consultés tablant sur une croissance de 7%. Les nuages qui ont assombri l'année passée persistent, deux moteurs du PIB continuant de marquer le pas: le marché immobilier - plombé par une offre surabondante-, et les exportations - en fort ralentissement face à une conjoncture internationale morose.

La demande intérieure reste terne, comme en témoigne la quasi-stagnation des importations en décembre. De plus, le niveau des dettes publiques et privées, nourries par une "finance de l'ombre" non régulée et vivace, alimente les inquiétudes.

Objectif manqué

Pékin s'était fixé pour 2014 un objectif de croissance d'"environ 7,5%". Le gouvernement chinois devrait avoir raté sa cible pour la première fois depuis 1998 et la crise asiatique.

Mais les officiels se veulent rassurants: "La Chine est entrée dans une nouvelle norme en terme de croissance, nous avons entrepris des ajustements structurels,", a plaidé vendredi Li Baodong, vice-ministre des affaires étrangères. Les années de croissance à deux chiffres sont révolues, et le gouvernement vante ses efforts pour "rééquilibrer" son modèle économique.

L'objectif est de rogner les monopoles des groupes publics et les sévères surcapacités industrielles, d'endiguer les dettes des gouvernements locaux et les onéreux projets d'infrastructures injustifiées. Il s'agit en parallèle de stimuler la consommation et le secteur privé... quitte à voir la croissance se modérer.

"Les dirigeants s'autorisent une marge de ralentissement", relève Shen Jianguang, de la banque Mizhuho. "Cette croissance amoindrie n'est pas un problème si sa qualité s'améliore", c'est-à-dire si les créations d'emplois et la réduction des inégalités suivent, explique-t-il à l'AFP.