La coalition internationale vise les raffineries tenues par l'Etat islamique

La coalition internationale a opéré des frappes sur douze raffineries contrôlées par l'Etat islamique en Syrie.

25 sept. 2014, 20:15
This two-picture combo photo, provided by the Pentagon, used during a Pentagon briefing Thursday, Sept. 25, 2014, shows before and after allied airstrike photos of the Gbiebi Modular oil refinery in Syria. (AP Photo/DoD)

Les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont frappé 12 raffineries contrôlées par l'EI dans l'est de la Syrie. De son côté, la France menait des raids en Irak au lendemain de la décapitation d'un otage français.

Les forces de la coalition ont pris pour cibles des raffineries installées près de Maïadine, d'Hassakah et d'Albou Kamal, a précisé l'armée américaine. L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont joué un rôle majeur dans ces dernières frappes aériennes.

Dix des 16 avions utilisés en Syrie étaient saoudiens ou émiratis. Ils ont largué 80% du tonnage total d'explosifs, a précisé le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

C'est la première fois que la coalition contre l'EI s'en prend à des installations pétrolières. Elle veut ainsi assécher la source principale de carburant pour les opérations de l'EI et, par la même occasion, celle du financement du groupe.

Une douzaine de raffineries

Un total de 13 frappes ont visé une douzaine de raffineries pétrolières modulaires contrôlées par les combattants de l'EI en Syrie, a dit le Commandement central (CentCom) américain. Une quatorzième attaque a détruit un véhicule appartenant aux jihadistes.

"Nous évaluons encore le résultat des attaques menées contre les raffineries", a indiqué le CentCom dans un communiqué. Le Pentagone a par ailleurs précisé avoir l'intention d'enquêter sur le nombre de victimes civiles.

De son côté, l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH) a communiqué jeudi le bilan de cette troisième série d'attaques en Syrie. L'Organisation a fait état de 14 tués parmi les djihadistes et de cinq parmi les civils.

Jihadistes repoussés

Dans le nord de la Syrie, les combattants kurdes qui défendent la ville de Kobané, située à la frontière de la Turquie, ont annoncé avoir repoussé les jihadistes lors d'affrontements nocturnes.

De son côté, l'armée gouvernementale syrienne a repris jeudi aux rebelles la ville d'Adra al Omalia, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Damas. Selon l'OSDH, des islamistes du Front al Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) étaient au nombre des insurgés chassés par l'armée.

Dans l'Ouest, l'armée de l'air syrienne a lancé des barils d'explosifs sur des positions rebelles au nord de la ville de Homs. Plus au nord, des hélicoptères des forces loyalistes ont fait de même sur un village près de Hama. Des avions ont mené des bombardements dans le nord de la province de Lattaquié, ajoute l'OSDH.

L'armée libanaise a pour sa part annoncé qu'elle détenait près de sa frontière avec la Syrie quelque 450 islamistes présumés. Ils appartiendraient à différents groupes extrémistes, dont le Front al Nosra.

Raids en Irak

Des raids ont été également menés en Irak par l'aviation française. Celle-ci a frappé pour la seconde fois depuis que la France a rejoint le 18 septembre la campagne aérienne américaine dans ce pays.

L'action française illustrait la détermination de Paris après le choc provoqué par la décapitation d'Hervé Gourdel, l'otage français enlevé dimanche en Algérie par le groupe Jund al-Khilafa ("Les soldats du califat"), lié à l'EI.

Pont aérien

De son côté, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a entamé jeudi un pont aérien pour assister jusqu'à 200'000 réfugiés syriens en Turquie. Le premier des huit vols prévus est arrivé jeudi matin d'Amman (Jordanie) à Adana, en Turquie.

Plus de 144'000 réfugiés syriens, en majorité kurdes, ont fui dans le sud de la Turquie l'offensive de l'Etat islamique (EI) à Kobané. Mercredi, 1300 personnes ont traversé la frontière, a précisé le HCR.

Plus grande participation

A New York, la menace jihadiste a continué de dominer les débats à l'Assemblée générale de l'ONU. Le président iranien Hassan Rohani y a dénoncé "la stratégie erronée" des pays occidentaux au Moyen-Orient, notamment en Syrie. Téhéran est le principal soutien du régime de Bachar al-Assad.

Plusieurs pays européens ont annoncé une plus grande participation à la coalition, comme les Pays-Bas et la Belgique qui ont mis des avions de combats F-16 à sa disposition.