La Chine dénonce un acte «honteux»

26 mars 2008, 12:00

La Chine a qualifié hier de «honteux» l'incident qui a perturbé la veille la cérémonie d'allumage de la flamme olympique en Grèce. A moins de cinq mois des Jeux, la pression internationale s'accentue sur Pékin en raison de la crise tibétaine. «Tout acte visant à perturber le parcours de la flamme olympique est honteux et impopulaire», a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

La quasi-totalité de la presse chinoise a ignoré hier l'incident. Seul le «Global Times», spécialisé en politique étrangère, l'évoque en quelques lignes. La flamme a repris son périple sous haute surveillance policière. Selon les autorités chinoises, un policier a été tué hier au Sichuan, province du centre de la Chine limitrophe du Tibet. Le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie a fait état pour sa part d'«au moins un manifestant tibétain tué et un autre grièvement blessé».

Confronté aux critiques des défenseurs des droits de l'Homme sur son manque de pugnacité vis-à-vis de Pékin dans la crise au Tibet, le président français Nicolas Sarkozy a haussé le ton hier. Il n'a pas exclu un boycott de la cérémonie d'ouverture des JO. Le Dalaï lama, en exil en Inde depuis 1959, nie toute velléité séparatiste, affirmant ne vouloir qu'une autonomie culturelle authentique pour le Tibet par des voies pacifiques. Il a de nouveau menacé hier de quitter sa charge de chef spirituel du bouddhisme tibétain si de nouvelles manifestations antichinoises violentes se produisaient en Chine ou à l'étranger.

Hier à Genève, environ 400 manifestants ont dénoncé le silence de l'ONU. Ils ont transmis au Haut Commissariat aux droits de l'homme une lettre demandant à l'ONU d'envoyer immédiatement une mission d'enquête au Tibet. /ats-afp-reuters