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La carotte et le bâton

Les participants au sommet sur le nucléaire iranien se sont mis d'accord tard hier soir pour présenter un front commun face à Téhéran. En maniant incitations et menaces de sanctions Les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne, qui se retrouvaient hier soir à Vienne pour discuter du nucléaire iranien, se sont mis d'accord sur un ensemble de mesures à proposer à Téhéran, comprenant à la fois des incitations et pénalités.

02 juin 2006, 12:00

L'information a été annoncée par des diplomates qui ont requis l'anonymat. Ils n'ont pas fourni de plus amples informations dans l'immédiat.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait auparavant expliqué hier que les Six étaient proches d'un accord sur le projet de résolution sur l'Iran. «Nous sommes d'accord avec nos partenaires européens sur les éléments essentiels d'un accord comprenant à la fois des incitations, si l'Iran fait le bon choix, et un coût, s'il ne le fait pas», avait-elle déclaré avant de partir pour Vienne.

Proposition américaine

Faisant remonter d'un cran la pression, le président George Bush a affirmé hier que si Téhéran faisait preuve d'«obstination» et continuait de refuser d'arrêter l'enrichissement d'uranium, «alors le monde agirait de concert» - autrement dit en prenant une résolution contraignante - -assortie de sanctions - au Conseil de sécurité. Mercredi, Washington avait annoncé accepter le principe d'ouvrir un dialogue direct avec Téhéran, à condition que le régime des mollahs accepte de suspendre l'enrichissement d'uranium. «Nous allons voir si cela est la position ferme de leur gouvernement», a-t-il dit, rappelant que l'Iran s'était déjà dit prêt à suspendre son programme d'enrichissement.

La note restait pourtant plutôt positive, le revirement américain permettant de resserrer les rangs entre les Six (Chine, Russie, France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, plus l'Allemagne). Le premier ministre français Dominique de Villepin a jugé que la proposition de Washington était une «étape importante, pour ne pas dire décisive».

Téhéran, pour sa part, continue de camper sur une ligne considérée comme intransigeante par les Occidentaux. «L'Iran accueille le dialogue dans des conditions équitables mais nous n'abandonnerons pas notre droit naturel» au nucléaire qui reste «non-négociable», a lancé le chef de la diplomatie Manouchehr Mottaki, cité hier par la télévision publique. «Mais nous sommes prêts, dans un cadre équitable et défini, et sans discrimination, à tenir un dialogue sur nos préoccupations communes», a-t-il ajouté.

Les discussions de Vienne ont reçu un coup de pouce bienvenu, avec ce revirement radical de la politique américaine. Depuis des décennies, Washington a en effet évité tout contact officiel direct à haut niveau avec Téhéran. Cette première esquisse de reconnaissance du régime issu de la révolution islamique s'est faite sous la pression des Européens. Dans la balance, Washington espère également désormais que la Russie et la Chine, jusqu'ici réticentes, soutiennent des sanctions en cas d'échec des discussions avec Téhéran. / ap

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