«La Bible ne peut justifier la colonisation»

26 oct. 2010, 11:17

Le synode pour le Moyen-Orient qui a réuni 180 évêques du Proche-Orient au Vatican a demandé qu'il soit mis fin à l'occupation israélienne des «différents territoires arabes» concernés. Il a affirmé que l'Etat hébreu ne pouvait pas s'appuyer sur la Bible pour défendre une politique de colonisation.

«Les citoyens des pays du Moyen-Orient interpellent la communauté internationale, en particulier l'ONU, pour qu'elle travaille sincèrement à une solution de paix juste et définitive dans la région», ont déclaré les évêques à l'issue de leurs deux semaines de travaux au Vatican.

Selon ces religieux, la solution passe par la «fin de l'occupation des différents territoires arabes» par Israël. Dans le message rédigé en arabe, les prélats affirment en outre qu'il n'est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices.

«Pour nous, chrétiens, on ne peut plus parler de Terre promise au peuple juif», terme qui figure dans l'Ancien testament, car cette «promesse» a été «abolie par la présence du Christ», qui a fait de la terre entière «le royaume de Dieu», a expliqué l'archevêque grec-melkite de Newton aux Etats-Unis, Mgr Cyrille Salim Bustros.

Israël ne peut donc pas s'appuyer sur le terme de «Terre promise» pour «justifier le retour des juifs en Israël et l'expatriation des Palestiniens», a poursuivi Mgr Bustros, président de la commission. Les prélats de cette région en conflit, berceau du christianisme et où les chrétiens sont menacés de disparition, ont énuméré les conséquences de l'occupation israélienne, qui touche principalement le peuple palestinien: «Le manque de liberté de mouvement, le mur de séparation et les barrières militaires, les prisonniers politiques, la démolition des maisons, la perturbation de la vie économique et sociale et les milliers de réfugiés». Avec la fin de l'occupation, «le peuple palestinien pourra avoir une patrie indépendante et souveraine et y vivre dans la dignité et la stabilité», ont-ils affirmé dans leur message, rédigé en arabe. De son côté, Israël «pourra jouir de la paix et de la sécurité au-dedans des frontières internationalement reconnues».

Les évêques ont espéré que «la solution des deux Etats devienne une réalité et ne reste pas un simple rêve». Ils ont également réclamé un statut «juste» pour Jérusalem et se sont déclarés «préoccupés» par la poursuite de la colonisation dans la partie est (arabe) de la Ville sainte.

Les évêques ont aussi dit à plusieurs reprises que les chrétiens étaient «les principales victimes de la guerre en Irak». Selon eux, le règlement du conflit israélo-palestinien permettrait de «mettre fin aux conséquences de la guerre meurtrière» dans ce pays. /ats-afp