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L'Union européenne a ficelé son pacte sur l'immigration

Pari gagné. La France a réussi, hier, à arracher un accord des Vingt-sept sur un «pacte européen sur l'immigration et l'asile» qui, selon ses détracteurs, contribuera à faire de l'Union une véritable forteresse.

26 sept. 2008, 15:35

Quelques brèches ont toutefois été ouvertes dans ses murailles: les Vingt-sept sont par exemple tout proches d'un compromis sur la création d'une «carte bleue» - une variante de la «green card» américaine - destinée à faciliter l'admission sur leur territoire d'immigrants hautement qualifiés.

C'était une des grandes priorités de la France, qui occupe actuellement la présidence de l'Union européenne: hier les ministres de l'Intérieur des Vingt-sept ont approuvé le texte d'un «pacte européen sur l'immigration et l'asile». Il sera formellement adopté le 15 octobre par les chefs d'Etat ou de gouvernement du club communautaire, lors d'un sommet à Bruxelles.

Le pacte vise à muscler la politique européenne d'immigration. «L'Union n'a pas les moyens d'accueillir dignement tous les migrants qui espèrent y trouver une vie meilleure», souligne ainsi son préambule. Fruit d'une longue négociation, le texte s'articule quant à lui autour de «cinq engagements fondamentaux», qui se déclinent eux-mêmes en une multitude «d'actions concrètes» à entreprendre.

Laissant à chaque pays le soin d'organiser l'immigration légale, en fonction de ses propres besoins, le pacte insiste par exemple sur la nécessité de mieux réguler le regroupement familial et d'assurer un équilibre entre les droits des migrants (en particulier l'accès à l'éducation, aux services sociaux, etc.) et leurs devoirs (le respect des lois du pays d'accueil). La France voulait ajouter à ces obligations l'apprentissage de la langue du pays d'accueil, mais ses partenaires l'ont contrainte à faire marche arrière.

Le texte vise également à muscler la lutte contre l'immigration irrégulière. Les clandestins, dont on estime à huit millions le nombre sur le territoire de l'UE, devront être expulsés vers leur pays d'origine ou vers un pays de transit. Dans ce contexte, les Vingt-sept s'engagent notamment à renoncer aux régularisations massives de sans-papiers.

L'Union a également décodé de renforcer les contrôles à ses frontières extérieures (l'agence Frontex disposera de plus de moyens et la délivrance de visas biométriques sera généralisée à partir de 2012), de bâtir une véritable politique de l'asile et de créer un «partenariat global» avec les pays d'origine et de transit de l'immigration.

Alors que de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme et certains pays africains ont dénoncé l'édification d'une Europe forteresse, le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux, estime au contraire que l'accord d'hier est équilibré: il permettra «d'éviter l'Europe passoire» mais ne provoquera pas «la création d'une Europe bunker». Le Français en veut pour preuve un «signal d'ouverture» que les Vingt-sept ont lancé hier: ils sont tout proches d'un accord sur l'instauration d'une «carte bleue» destinée à faciliter l'établissement dans l'Union de travailleurs hautement qualifiés en provenance d'Etat tiers, tout en prenant soin de ne pas favoriser la fuite des cerveaux, notamment d'Afrique.

Seule la République tchèque maintient encore une réserve, sur la date d'entrée en vigueur de cette mesure, mais Paris est convaincu qu'elle sera bientôt levée. /TVE

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