L'opposition revendique la victoire au Zimbabwe

L'opposition au Zimbabwe a crié victoire hier aux élections générales avant l'annonce officielle des résultats. Mais le régime de Robert Mugabe l'a mise en garde contre une attitude qui revient, selon lui, à une tentative de coup d'Etat. «C'est un moment historique pour nous tous. Nous avons remporté cette élection», a déclaré dans la nuit Tendai Biti, secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d'opposition. «Nous n'accepterons pas une élection volée», a-t-il ajouté. Selon les premiers résultats assemblés par le MDC dans les deux plus grandes villes du pays, «nous avons remporté les 12 sièges de députés à Bulawayo et 28 sur 29 à Harare (la capitale)», a précisé Tendai Biti.

31 mars 2008, 12:00

Cette tendance favorable à l'opposition concernerait également la province de Mashonaland-ouest, d'où Robert Mugabe est originaire. La Commission électorale a fait savoir que les premiers résultats officiels seraient annoncés dans la journée. Les résultats définitifs des élections présidentielle, législatives et municipales ne sont toutefois pas attendus avant plusieurs jours.

Les forces de l'ordre, qui soutiennent fermement le chef de l'Etat sortant, ont averti avant même le début du scrutin qu'elles ne toléraient pas de cris de victoire avant la fin du dépouillement. Malgré cela, tôt hier, des partisans de l'opposition sont descendus dans les rues des banlieues populaires de la capitale, chantant et dansant.

La Commission électorale zimbabwéenne, chargée de veiller au bon déroulement du scrutin et du dépouillement, a exprimé hier son «inquiétude» face à la revendication de la victoire par l'opposition. «Cela s'appelle un coup d'Etat et nous savons tous comment les coups d'Etat sont menés», a déclaré George Charamba, porte-parole du gouvernement.

L'opposition accuse d'ores et déjà le président d'avoir truqué le scrutin pour se maintenir au pouvoir en dépit des énormes difficultés économiques dans lesquelles se débat le pays.

Les observateurs de la Communauté de développement de l'Afrique australe ont adressé un courrier à la commission électorale pour signaler la découverte de 8500 électeurs fantômes. Mais le président sortant s'est défendu de chercher à truquer le vote et a assuré que, bien que certain de l'emporter, il s'inclinerait s'il était battu.

Plus de 5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes samedi. Le président Mugabe se présentait pour un sixième mandat à la tête d'un pays à l'économie dévastée: l'inflation dépasse l'entendement à plus de 100 000% par an, quatre adultes sur cinq sont au chômage et les produits de première nécessité ont disparu des magasins. / ats-afp-reuters