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L'opposition pakistanaise serait en progression

19 févr. 2008, 12:00

L'opposition pakistanaise progresserait considérablement après les législatives d'hier cruciales pour le président Musharraf et pour l'avenir de la seule puissance nucléaire du monde musulman. Le scrutin est intervenu alors qu'au moins 14 personnes ont été tuées depuis dimanche. «Quels que soient ceux qui gagneront les élections, en tant que président du Pakistan, je fonctionnerai avec eux de manière totalement harmonieuse», a promis Pervez Musharraf.

Tard hier soir, un porte-parole de la Ligue Musulmane du Pakistan-Qaid-e-Azam, principal soutien du chef de l'Etat, a dit que les résultats partiels indiquaient que l'opposition progressait considérablement. Ces élections législatives et provinciales sont d'autant plus décisives que la crise politique qui affecte depuis près d'un an la République islamique du Pakistan, peuplée de 160 millions d'habitants, est observée avec anxiété par la communauté internationale, en particulier Washington.

Les Etats-Unis ont fait pression de manière inhabituelle sur le président Musharraf, leur allié clé dans leur «guerre contre le terrorisme», pour que le scrutin ait lieu. Pour Washington, les fondamentalistes menacent un Etat essentiel pour la stabilité de la région et al-Qaïda et les talibans ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales du nord-ouest frontalières de l'Afghanistan. C'est précisément dans cette région que la campagne électorale s'est achevée samedi par un bain de sang. Au total, 47 personnes ont été tuées dans un attentat suicide, le plus meurtrier depuis le début de l'année, lors d'un rassemblement du parti de la défunte cheffe de l'opposition Benazir Bhutto. L'ex-premier ministre a été assassinée le 27 décembre dans un attentat près d'Islamabad. Sa mort a provoqué un report du scrutin et bouleversé le scénario «idéal» écrit par les Etats-Unis: Pervez Musharraf négociait, sous pression américaine, un partage du pouvoir avec Benazir Bhutto.

Désormais, le Parti du peuple pakistanais, dirigé par son veuf Asif Ali Zardari, dénonce des «élections truquées» et promet, le cas échéant, des manifestations. Sans exclure toutefois un «gouvernement de consensus national» avec Pervez Musharraf. / ats-afp-reuters

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