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L'ONU dénonce des exactions qui ont fait plus de 50 morts

L'ONU a dénoncé des «violations massives des droits de l'Homme» qui ont fait plus de 50 morts ces derniers jours en Côte d'Ivoire. L'organisation a également rejeté l'exigence de Laurent Gbagbo d'un retrait des Casques bleus.

20 déc. 2010, 15:28

AGenève, la haut commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Navi Pillay, a affirmé que les violences ont fait «ces trois derniers jours plus de 50 morts et plus de 200 blessés». Jusqu'à présent, les bilans sur place faisaient état de 11 à une trentaine de morts depuis jeudi.

Des violences entre les partisans de Laurent Gbagbo et d'Alassane Ouattara, qui se disputent la présidence depuis le scrutin controversé du 28 novembre, ont embrasé des quartiers de la capitale économique Abidjan.

Sur le terrain, les forces onusiennes redoublent de vigilance. «Les Casques bleus vont poursuivre leurs patrouilles, mais ne veulent pas de confrontation avec les forces armées loyales à Laurent Gbagbo», a déclaré Hamadoun Touré, porte-parole de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

Le siège de l'Onuci à Abidjan avait essuyé des tirs de la part d'hommes armés «vêtus de tenues militaires» dans la nuit de vendredi à samedi, selon la mission.

Mais aucune disposition particulière ne semblait avoir été prise pour renforcer la sécurité de l'énorme bâtiment qui a déjà en temps normal des airs de forteresse, protégé par des gardes et des sentinelles, a constaté une journaliste de l'AFP.

L'ambassade des Etats-Unis a par contre reçu l'ordre hier de faire quitter le pays à ses employés non essentiels et leurs familles, a annoncé le département d'Etat.

Par la voix de son secrétaire général Ban Ki-moon, l'ONU a rejeté la demande du président sortant de retirer les quelque 10 000 Casques bleus et l'a averti des «conséquences» s'il lançait une attaque contre eux. L'ONU ne reconnaît pas la réélection de Laurent Gbagbo et considère son rival Alassane Ouattara comme le président élu.

Laurent Gbagbo et les Forces de défense et de sécurité (FDS) qui lui sont fidèles accusent l'Onuci d'appuyer militairement l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui soutiennent son rival Alassane Ouattara.

Laurent Gbagbo a également exigé le retrait de la force française Licorne, ce que Paris a refusé aussi sec. Les 950 soldats français n'ont pas l'intention de s'interposer entre les Ivoiriens mais répliqueraient s'ils étaient attaqués, a déclaré hier la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie.

Au pays, Laurent Gbagbo peut compter sur le soutien indéfectible des «jeunes patriotes» de son nouveau ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, fer de lance de violentes manifestations antifrançaises en 2003 et 2004 à Abidjan.

Samedi, devant des centaines de jeunes très remontés contre la communauté internationale, le ministre a affirmé que son champion «ne partira pas et ne partira jamais». Il a accusé l'ONU et le président français Nicolas Sarkozy de préparer un «génocide».

La montée de la tension entre les deux camps se traduit aussi à l'étranger. En France, où vit une forte communauté ivoirienne, des heurts à Paris entre partisans de Gbagbo et Ouattara ont fait deux blessés, dont un à l'arme blanche. /ats-afp-reuters

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