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L'océan Indien tremble

Le virus du chikungunya fait des ravages sur l'île de la Réunion, où 180.000 cas sur 760.000 habitants ont été recensés. Pour l'heure épargnée, l'île Maurice se mobilise pour éviter une catastrophe touristique Si l'épidémie de chikungunya prend des proportions alarmantes sur l'île de la Réunion, sa voisine, Maurice, semble épargnée: il n'y a eu que 2500 cas, dont un mortel, un jeune homme de 33 ans décédé il y a près de deux semaines. Son cerveau a d'ailleurs été envoyé en Suisse pour des analyses.

07 mars 2006, 12:00

Alice, une Française établie à Grand-Baie, relativise: «Les quelques personnes de mon entourage qui ont eu le chikungunya ont eu de la fièvre pendant deux à trois jours. Et après, c'était passé.» Et elle? Aucun souci. «Généralement, s'il y a un moustique dans les parages, c'est pour moi! Je suis du genre à me faire piquer dix fois par jour. Mais je me porte très bien, d'autant que nous appliquons toutes les mesures de prévention», affirme la jeune femme, comme pour rassurer les touristes qui hésiteraient à se rendre à Maurice.

12.000 nuitées annulées

Sur l'île, les hôteliers ne voudraient pas vivre le même calvaire que leurs collègues de la Réunion. Plus de 12.000 nuitées y ont été annulées ces dernières semaines. Trois hôtels ont dû être fermés. Pour éviter le naufrage et pour soutenir l'économie locale à la dérive, l'Etat français a dû débloquer 90 millions de francs d'aide d'urgence.

«En l'espace de deux semaines, nous avons enregistré six annulations. Les gens ont peur», déplore néanmoins Alice qui gère, avec son mari, une quinzaine de studios de vacances en bord de mer.

Raj Limbajee, qui travaille lui aussi dans le tourisme pour le compte d'une grande compagnie, fait le même constat: «Nous recevons des dizaines de clients par jour. Mais un seul a préféré rentrer. C'était un Suisse: durant son vol, il était tombé sur un article parlant du chikungunya. Quand il est arrivé, il m'a demandé des explications. Je l'ai rassuré, mais il est reparti le même jour» Côté sanitaire pourtant, l'île Maurice a mis les bouchées doubles. «Le gouvernement a lancé une mobilisation nationale début février. Et j'ai l'impression qu'il fait le maximum», reconnaît Alice. Ce travail, impliquant le secteur privé et tous les services de l'Etat concernés, mise beaucoup sur la prévention par l'information: des spots sont intensivement diffusés pour indiquer aux Mauriciens ce qu'il convient de faire. Comme éliminer toute source pouvant favoriser la stagnation de l'eau, donc la prolifération des moustiques.

Du coup, les Mauriciens ont pris conscience de l'écologie: ils apprennent à ne plus jeter par la fenêtre de leurs voitures gobelets et cartons Et ils veillent à dégager de leurs jardins les pneus usagés ou les tonneaux rouillés. Parallèlement, les opérations de démoustication et de désinfection se sont multipliées. Et, bien sûr, les habitants sont invités à se protéger des moustiques en appliquant des produits répulsifs sur le corps et les habits, par exemple.

Bref, à Maurice, on est confiant même si le gouvernement a relancé ses appels de mise en garde ce week-end, après le passage du cyclone Diwa. Car si une tempête, ça tue les insectes, ça laisse aussi derrière elle des flaques d'eau propices à la propagation des moustiques. Prudence donc / KPA et PVA-La Liberté

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