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L'Italie semble être le nouvel eldorado des joueurs suisses

Les équipes de Suisse A et M21 se sont envolées hier pour Malte. Avec un nombre record de joueurs évoluant en Italie. Une nouveauté pour le football helvétique. A quoi est-elle due?

08 févr. 2011, 09:45

L'île de Malte est toute proche de l'Italie. Mais ce n'est bien entendu pas la raison qui a poussé Ottmar Hitzfeld et Pierluigi Tami, respectivement coach national des A et des M21, à largement garnir leurs sélections de joueurs évoluant dans le Calcio. Le revenant Blerim Dzemaili (Parme), Steve von Bergen (Cesena), Reto Ziegler (Sampdoria), Stephan Lichtsteiner (Lazio), Gelson Fernandes (Chievo) et Gökhan Inler (Udinese) affronteront Malte demain soir (20h30). Plus tôt, toujours demain (15h30), Jonathan Rossini (Sassuolo), Pajtim Kasami (Palerme), Gaetano Berardi et Fabio Daprelà (tous deux Brescia), ainsi que Michel Morganella (Novara), en découdront avec les M21 ukrainiens. L'Italie est devenue le premier pays importateur de footballeurs helvétiques. Comment expliquer cette nouvelle tendance?

«Chaque cas est individuel», assure Reto Ziegler. «Je suis assez d'accord», enchaîne Steve von Bergen. «A une époque, les clubs allemands, puis les anglais cherchaient les Suisses. Maintenant, c'est le tour des italiens. Cela étant, j'aime le jeu en Serie A, où la concentration doit toujours être au top.» «Tu paies cash la moindre erreur», abonde Gelson Fernandes. «Le foot italien n'est peut-être pas aussi rapide que l'anglais, mais il est très technique et tactique», ajoute Reto Ziegler. Un point qui joue en faveur des Helvètes, estime Stephan Lichtsteiner. «Les Suisses ont de bonnes bases au niveau tactique. De plus, ils sont disciplinés, sérieux et apprennent vite. Les entraîneurs aiment cela.» Et les Helvètes le leur rendent bien: «Peut-être que ma réussite, comme celle d'Inler ou d'autres Suisses, ont contribué à faire monter notre cote en Italie», reprend Reto Ziegler.

Un avis partagé par Pierluigi Tami. «Les Italiens se sont rendu compte que les footballeurs suisses sont fiables. Grâce aux succès de nos sélections juniors, ils s'intéressent de près à notre système de formation», se réjouit le Tessinois, pour lequel un autre facteur est primordial: «Lors de mes récentes visites, j'ai été impressionné par le nombre de recruteurs et d'observateurs qui travaillent pour les clubs italiens. Ils cherchent des ‹affaires› dans quasiment tous les pays.» Mais l'Europe reste leur cible privilégiée. «En Italie, il y a une forte limitation de joueurs extra-communautaires. Ceux avec un passeport européen deviennent plus prisés», rappelle Gelson Fernandes.

Et on ne va pas chercher les plus chers. «Le Calcio traverse une grave crise financière. Les clubs ne peuvent plus s'offrir des Messi ni des Cristiano Ronaldo. Ils sont donc obligés d'élargir leurs horizons et ils cherchent le meilleur rapport qualité-prix. A ce niveau, les Suisses sont très compétitifs», éclaire Michel Pont, l'adjoint d'Ottmar Hitzfeld.

En effet, les Helvètes s'imposent plus facilement en Italie qu'en Allemagne ou en Angleterre. Du moins en apparence. «Il faut faire attention. C'est une question de politique. Avec Lichtsteiner, von Bergen ou encore Behrami, les clubs ont engagé des footballeurs formés, prêts à s'imposer», prévient Pierluigi Tami. «D'autres, comme Wolfsburg avec Ben Khalifa ou Schalke 04 avec Gavranovic, ont parié sur un avenir plus lointain. Seul le temps nous dira s'il est gagnant.» Michel Pont corrobore: «Même en Italie, ce n'est pas gagné d'avance pour tous les Suisses. Seferovic, par exemple, éprouve des difficultés à s'imposer à la Fiorentina.» D'où l'importance pour les jeunes de ne pas précipiter leur départ...

Il n'empêche, l'équipe nationale ne peut que tirer bénéfice des réussites helvétiques dans la «Botte». «Certains garçons, comme Inler ou Ziegler, ont acquis un statut important dans leurs clubs. Ils sont devenus des joueurs-cadre», note Michel Pont. «Ils doivent être à présent en mesure d'assumer davantage de responsabilités en équipe de Suisse.» Une condition impérative pour prendre part au prochain Euro. /ESA

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