L'Indonésie sous le choc après deux catastrophes

L'Indonésie s'est mobilisée pour secourir les victimes de deux violentes catastrophes naturelles: un raz-de-marée et l'éruption du volcan le plus actif du pays ont fait plus de 300 morts et plusieurs centaines de disparus.

28 oct. 2010, 04:15

Au moins 272 personnes ont trouvé la mort et 412 étaient portées disparues dans l'archipel des Mentawaï, sur l'océan Indien, qui a été frappé lundi soir par un séisme de magnitude 7,7 suivi d'un puissant raz-de-marée, selon les services de secours.

Sans lien avec ce tremblement de terre survenu à près de 2000 km de distance, le volcan Merapi, le plus actif du pays, a fait 29 morts en entrant en éruption mardi soir, crachant des nuages de fumée toxique et des cendres.

Le président Susilo Bambang Yudhoyono a écourté sa visite au Vietnam pour superviser les opérations de secours. Ces dernières sont particulièrement difficiles à organiser dans les Mentawaï, où des vagues de trois mètres, formant «un mur d'eau blanc d'écume» selon un témoin, ont totalement dévasté des villages côtiers.

Le bilan devrait s'alourdir dans les prochains jours, selon Dave Jenkins, le fondateur de SurfAid, une ONG de surfeurs tombés amoureux de ces îles dont les vagues rivalisent avec celles d'Hawaï.

Les quelque 400 disparus «peuvent avoir trouvé refuge dans les collines mais ils peuvent aussi être ensevelis ou avoir été emportés par les flots», a précisé un responsable des secours.

Les experts avaient mis en garde contre le risque élevé d'un séisme dans cet archipel situé dans une zone de subduction entre les plaques tectoniques indo-australienne et eurasienne. Les craquements de cette faille avaient déjà provoqué le tsunami dévastateur ayant fait plus de 220 000 morts autour de l'océan Indien en décembre 2004.

Sur l'île de Java, la situation était moins préoccupante mais l'alerte restait élevée autour du volcan Merapi, «la montagne de feu» en javanais, qui est entré en éruption dix fois mardi. «Son activité a fortement baissé mercredi. Mais la menace perdure», a indiqué Surono, chargé de la surveillance des volcans.

Les nuages de cendres et les nuées ardentes, qui se sont élevées à 1,5 km de haut, ont fait au moins 29 morts, parmi lesquels un journaliste, deux secouristes et un bébé de trois mois, et Mbah Marijan, «le gardien spirituel» du Merapi, considéré comme une montagne sacrée par les Javanais.

Près de 42 000 personnes ont trouvé refuge dans les différents centres d'accueil et certains accès aux pentes du volcan étaient interdits. Au total, plus d'un million de personnes vivent quotidiennement sous la menace d'une explosion du dôme de lave du Merapi, des nuées ardentes et des «lahars» (coulées de boues).

Les Indonésiens ont appris à vivre avec ce risque car leur archipel est la première zone volcanique au monde avec environ 130 volcans actifs.

Le ministre indonésien des affaires étrangères, Marty Natalegawa, a assuré que l'Indonésie «n'avait pas besoin d'assistance internationale pour le moment». /ats-afp-reuters