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L'Egypte craint une explosion des tensions interconfessionnelles

L'Egypte redoutait hier une aggravation des tensions confessionnelles après l'attentat qui a fait 21 morts devant une église copte d'Alexandrie dans la nuit de la Saint-Sylvestre. Les autorités privilégient la piste du terrorisme international et la mouvance d'al-Qaïda, en niant toute tension interconfessionnelle.

03 janv. 2011, 04:15

Des traces de sang étaient toujours visibles hier sur la façade de l'église des Saints à Alexandrie. Le calme semblait toutefois revenu après les affrontements de la veille entre jeunes chrétiens et policiers. L'émotion restait toutefois vive parmi les fidèles. Les larmes aux yeux, des femmes imploraient à voix haute Dieu «de venger les martyrs» et «de brûler les cœurs» des auteurs de l'attaque.

Samedi soir, les funérailles des victimes coptes avaient rassemblé plus de 5000 personnes dans le cimetière chrétien de la deuxième ville du pays. La hiérarchie copte a «essayé de calmer» les fidèles après l'attaque, «en leur expliquant que le Christ nous a demandé de faire preuve de patience», a affirmé l'évêque de l'église des Saints, Monseigneur Maqqar. Mais selon lui, les institutions de l'Etat ont elles aussi un rôle à jouer pour apaiser les Coptes, «en garantissant notre droit à la vie, à la prière et à l'emploi».

Les autorités ont unanimement appelé à l'union après l'attentat d'Alexandrie en affirmant qu'il visait l'Egypte dans son ensemble, mais cette position exaspère de nombreux chrétiens pour qui elle ne tient pas compte de la violence et des discriminations dont ils sont victimes.

Du président Hosni Moubarak au grand imam d'Al-Azhar, en passant par le patriarche copte et de nombreux ministres, les responsables politiques et religieux ont tous imputé l'attaque à des éléments étrangers. Selon le Ministère de l'intérieur, il s'agit «probablement» de l'œuvre d'un kamikaze porteur d'explosifs de fabrication locale, mais commandité par «des éléments extérieurs».

Certains ont même affirmé que les coptes, la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient (de 6% à 10% des 80 millions d'Egyptiens), n'étaient pas la cible principale. Ainsi, pour le gouverneur d'Alexandrie, Adel Labib, il «a visé l'ensemble des Egyptiens et pas les frères coptes». En dehors de la communauté copte aussi, des appels à une sérieuse introspection ont été lancés. Le quotidien indépendant «Al-Masri Al-Yom» a écrit qu'«il ne sera possible de contenir l'impact de cet acte criminel (...) qu'en y faisant face de manière franche et courageuse, en ne se mettant pas la tête dans le sable» face aux tensions interconfessionnelles. Par ailleurs, la presse égyptienne de tous bords exhortait chrétiens et musulmans à faire bloc, craignant que ce massacre commis dans la nuit du Nouvel An ne provoque une escalade des tensions. «Quelqu'un veut faire exploser ce pays» et provoquer «une guerre civile et religieuse» en Egypte, affirmait le quotidien pro-gouvernemental «Rose el-Youssef».

L'attentat a suscité l'indignation de la communauté internationale. Lors de l'angélus d'hier, le pape Benoît XVI a évoqué sa «douleur» face à «ce geste lâche de mort», qui «offense Dieu et l'humanité tout entière». A Genève, le Conseil œcuménique des Eglises a condamné une «terrible attaque contre des fidèles innocents». La Suisse a également condamné l'attaque.

Le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a condamné hier ce «crime odieux contre des innocents chrétiens et musulmans». Le mouvement d'opposition islamiste les Frères Musulmans a également condamné l'attaque. Samedi, le président américain Barack Obama avait estimé que les responsables de cet attentat n'avaient «aucun respect pour la vie et la dignité humaine», après des condamnations venues de Paris, Londres ou Rome et de nombreuses capitales du Moyen-Orient. /ats-afp

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