L'attentat d'Oslo aurait pu être évité et Breivik arrêté plus tôt

Une commission indépendante mise en place pour tirer des enseignements des attaques du 22 juillet 2011 en Norvège a sévèrement critiqué lundi le travail de la police.

13 août 2012, 17:30
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Une commission indépendante mise en place pour tirer des enseignements des attaques qui ont fait 77 morts en Norvège l'an dernier a sévèrement critiqué lundi le travail de la police. Elle juge que l'attentat à la bombe d'Oslo aurait pu être évité et Anders Behring Breivik arrêté plus tôt.

"L'attaque contre le quartier des ministères le 22 juillet aurait pu être évitée grâce à l'application efficace des mesures de sécurité existantes", a conclu la commission dans un rapport remis au Premier ministre Jens Stoltenberg. "Une intervention de la police était vraiment possible", a-t-elle ajouté.

Le 22 juillet, l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik avait d'abord tué huit personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, avant d'en abattre 69 en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utoeya.

Lenteur critiquée

La police norvégienne avait été vivement critiquée pour sa lenteur ce jour-là: plus de trois heures se sont écoulées entre l'attentat d'Oslo et l'arrestation de Breivik sur Utoeya, alors que son nom était déjà connu des services de sécurité.

La fusillade d'Utoeya elle-même a duré environ une heure et quart, la police a en effet eu de la peine à se rendre sur cette petite île située sur un lac, à 600 mètres de la berge.

Dans son rapport de près de 500 pages, la commission de dix membres déplore notamment que la rue longeant le siège du gouvernement n'a pas été fermée au trafic, en raison de lenteurs bureaucratiques, alors que cela avait été préconisé dès 2004.

Breivik a ainsi pu parquer une camionnette contenant une bombe de 950 kg juste au pied de la tour de 17 étages qui abrite les bureaux du chef du gouvernement. Travaillant dans sa résidence officielle, M. Stoltenberg a échappé à l'attentat.

Moyens inadaptés

La commission a aussi déploré les dysfonctionnements de la police avant et pendant la tuerie d'Utoeya. Elle critique notamment le fait que la présence de Breivik et de son véhicule n'a pas été signalée assez vite, que les procédures n'ont pas toujours été respectées et elle signale des problèmes de communication, ainsi que des moyens inadaptés.

Pas moins de 35 minutes se sont écoulées entre l'arrivée d'une première patrouille de police sur la berge du lac et le moment où la force spéciale d'intervention a débarqué sur Utoeya. "La gestion du temps dans la première phase de l'intervention de la police est inacceptable", a martelé Mme Bech Gjoerv.

Alors qu'ils auraient dû tout faire pour aller sur l'île conformément aux instructions en cas de fusillade, les deux premiers policiers du commissariat local sont restés sur la rive du lac, affirmant ne pas avoir trouvé d'embarcation pour les transporter.

Des dizaines de recommandations

C'est finalement la force d'élite Delta venue d'Oslo, à une quarantaine de kilomètres de l'île, qui a débarqué sur les lieux à 18h27 dans des conditions déplorables: surchargé, leur canot a chaviré, l'obligeant à emprunter deux bateaux de plaisance.

Selon la commission, si les procédures avaient été respectées, la police aurait pu être sur Utoeya à environ 18h15, soit 12 précieuses minutes plus tôt, ce qui - même si le rapport ne le dit pas - aurait permis de limiter le nombre de victimes.

Pour éviter une nouvelle crise de ce genre, la commission a émis 31 recommandations qui vont de la préparation de toutes les institutions aux situations d'urgence, à l'interdiction des armes semi-automatiques, en passant par le renforcement des capacités de la police en hélicoptères.

Jugé pour "actes de terrorisme", Breivik sera fixé sur son sort le 24 août.