L'armée brésilienne appelée pour pacifier les favelas de Rio à trois mois du Mondial

La présidente du Brésil a accepté de donner à l'armée les mêmes pouvoirs que la police pour pacifier des favelas de Rio.
07 août 2015, 13:31
Le Complexo da Maré où vivent 100'000 personnes est un repère pour les criminels.

L'armée brésilienne va de nouveau prêter main-forte à la police de Rio pour renforcer le dispositif sécuritaire dans cette ville à moins de trois mois du Mondial de football. Cette décision intervient après une vague d'attaques contre la police.

Le gouverneur de Rio Sergio Cabral a annoncé lundi que la présidente Dilma Rousseff avait accepté sa demande d'instaurer la "garantie de la loi et de l'ordre" dans l'ensemble des favelas du Complexo da Maré, pas encore "pacifié" par la police. Cette disposition permet aux militaires d'assurer la sécurité publique et d'agir comme la police dans les rues.

"C'est un pas décisif dans notre politique consistant à avancer toujours plus en matière de sécurité; il s'agit d'une zone stratégique pour Rio", une des 12 villes hôtes du Mondial (12 juin-13 juillet), qui accueillera notamment la finale, a affirmé le gouverneur.

Seize favelas

La décision d'occuper le Complexo da Maré, qui regroupe 16 favelas près de l'aéroport international et des trois principales voies d'accès au centre-ville, intervient après une série d'attaques du crime organisé ayant récemment visé les policiers et les unités de police pacificatrice (UPP) qui occupent les favelas "pacifiées".

Le gouverneur de Rio a expliqué que dans le Complexo da Maré, "où vivent 100'000 personnes, il y a des armes, de la drogue, des voitures et des motos volées et des criminels qui s'y réfugient comme si c'était leur territoire".

De nombreuses favelas qui se trouvaient depuis trente ans sous le joug de trafiquants de drogue ou de milices ont été occupées à partir de 2008 par la police, qui a installé à ce jour 38 UPP dans 174 favelas surveillées par 9500 policiers.