L'argent de la drogue finançait autrefois le zoo

Insolite, un zoo autrefois financé par l'argent d'un grand trafic de drogue au Honduras vient d'être nationalisé. Le zoo de Joya Grande s'étale sur vingt hectares et arrive à s'auto-financer moyennant 700 visiteurs par weekend payant 11 dollars maximum pour entrer.

02 avr. 2015, 08:20
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Au Honduras, Kenia la tigresse blanche et Atractivo le tapir sont les coqueluches du zoo de Joya Grande. Sauf que, désormais, ce n'est plus l'argent de la drogue qui finance l'établissement, mais les entrées des visiteurs. Il y 18 mois, le zoo a été confisqué par le gouvernement, en même temps qu'une soixantaine de biens immobiliers, une vingtaine de véhicules et diverses entreprises et magasins, au groupe industriel Los Cachiros, accusé par les Etats-Unis d'être impliqué dans le narcotrafic à l'échelle internationale.

Selon les autorités, le groupe avait construit ce zoo en s'inspirant du célèbre trafiquant colombien Pablo Escobar, mort en 1993, et de son "Hacienda Napoles", un ranch de 3000 hectares. Il y abritait sa collection de voitures de luxe et un zoo, transformé depuis en parc thématique avec un musée dédié à ses victimes. A Joya Grande, c'est un parc de 20 hectares entre les montagnes du département de Cortés, à 200 kilomètres au nord de Tegucigalpa, qui est désormais aux mains de l'Etat.

Parmi les 500 individus de 59 espèces, Maria Diaz, responsable des soins des animaux, souligne les cas de Kenia, tigresse joueuse qui vient d'avoir six mois, et d'Atractivo, tapir noir de sept mois dont le père, Franck, avait été la première acquisition du zoo après sa confiscation, en devenant ainsi la mascotte. Autrefois financé par les bénéfices du trafic de drogue, le zoo l'est désormais par les visiteurs, avec des tickets à 11 dollars par adulte, ce qui permet de couvrir les coûts mensuels de 82'000 dollars. Jusqu'à 700 personnes viennent visiter cet éco-parc chaque weekend.