L'Allemagne veut dédramatiser

07 oct. 2010, 10:34

L'Allemagne s'est employée hier à dédramatiser face aux risques d'attentats en Europe. Berlin a dénoncé la communication jugée alarmiste de certains occidentaux, qui ferait le jeu des terroristes. «Nous prenons tout cela au sérieux. Mais la manière dont on présente cela sur la place publique est aussi quelque chose que les terroristes utilisent, précisément parce qu'ils veulent propager la peur. Nous, nous travaillons et nous parlons peu», a lancé le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière.

Et de réaffirmer qu'«il n'y a pas d'indice concret d'un projet d'attentat imminent» en Allemagne, malgré les mises en garde pour l'Europe émises par Washington, Londres, Tokyo et Stockholm. «L'évaluation des risques est différente» entre les Etats-Unis et l'Europe, «c'est lié notamment aux effets différents du 11 septembre», dit Ingo Peters, expert en relations internationales et de sécurité. En outre, selon lui, les responsables américains s'adressent à leur opinion publique. Pour autant, l'Allemagne ne nie pas en soi le risque terroriste sur son sol: Berlin répète depuis 2009 que l'Allemagne est à la fois une terre privilégiée de recrutement pour les groupes terroristes et une cible de choix.

Actuellement, plusieurs dossiers terroristes impliquant les Etats-Unis font grincer des dents en Allemagne, comme l'annonce par les forces pakistanaises que cinq islamistes allemands ont été tués par un drone américain au Pakistan.

Hier, Thomas de Maizière s'est «étonné» que des documents d'identité des islamistes tués aient été trouvés alors que cette attaque est «censée avoir été menée dans une zone inaccessible par des drones sans pilote». «On pourrait y lire une critique contre les services secrets américains, qui construiraient des histoires potentiellement éloignées de la réalité», commentait Ingo Peters.

En Suisse, aucune information ne permet de dire que le territoire est directement menacé d'attentats terroristes, a indiqué le Département fédéral de la défense. Les services suisses sont en contact permanent avec leurs homologues européens afin de déterminer s'il existe une menace pour la Confédération. /ats-afp