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L'aide financière à la Grèce refroidit l'Union européenne

Les ministres des Finances de l'Union européenne (UE) ont soutenu hier la Grèce pour ses efforts de réduction de déficit. Mais ils sont restés prudents sur l'aide financière que la zone euro pourrait lui apporter, laissant Athènes un peu sur sa faim.

17 mars 2010, 11:46

Réunis à Bruxelles, les grands argentiers ont «soutenu l'évaluation par la Commission européenne de la situation budgétaire de la Grèce», à savoir que grâce aux mesures récentes de rigueur, le pays «est en bonne voie» pour tenir ses promesses, a dit à la presse le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Le gouvernement grec s'est fixé comme objectif de réduire cette année de quatre points de pourcentage son déficit public, qui a atteint l'an dernier 12,7% de son produit intérieur brut.

Le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou, a indiqué à Bruxelles que son pays était «en avance sur le programme» pour cette année. Fin février, le déficit budgétaire national atteignait un milliard d'euros, contre 4 milliards d'euros un an plus tôt, a-t-il fait valoir.

Lundi soir, les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d'accord sur les grandes lignes d'un mécanisme d'aide financier en faveur de la Grèce, si le pays venait à éprouver de trop grandes difficultés à refinancer sa dette sur les marchés. Le montant de cette aide n'a pas été dévoilé, mais selon des sources fiables, il devrait atteindre de 20 à 25 milliards d'euros. Plombée par une dette de 300 milliards d'euros, la Grèce doit emprunter cette année près de 54 milliards d'euros pour se refinancer, dont environ 20 milliards d'ici au mois de mai.

C'est la première fois depuis la création de la zone euro qu'un tel plan de sauvetage est mis sur pied. Mais hier, tous les ministres se sont efforcés d'en minimiser l'importance. Ils ont affirmé qu'il s'agissait purement d'une mesure de précaution qui ne serait sans doute jamais utilisée.

Objectif: maintenir la pression sur la Grèce pour les économies budgétaires, et ne pas alimenter des spéculations sur les marchés financiers. La ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, dont le pays préside l'UE, a estimé que «nous n'en sommes absolument pas au stade où nous envisageons une décision d'aide concrète».

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé qu'«aucune décision politique» n'avait été prise concernant une aide éventuelle, illustrant une nouvelle fois les réticences de Berlin à payer pour Athènes.

Une manière de souligner que le principe doit encore être acté, à une date non encore fixée, par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, à commencer par Angela Merkel. Mais l'absence de détails sur les mesures de soutien envisagées a conduit Athènes à réclamer hier des précisions. Après une rencontre avec son homologue hongrois Gordon Bajnai à Budapest, le premier ministre grec Georges Papandréou a demandé à l'UE de faire preuve de solidarité pour son programme de gestion de la crise. «Nous n'avons pas besoin d'argent, mais d'instruments financiers pour apporter de la stabilité et de la croissance sur le long terme», a-t-il précisé.

Le ministre grec des Finances a reconnu pour sa part ne pas «pas être content» du niveau de taux d'intérêt que doit payer son pays pour emprunter sur les marchés. La dernière émission obligataire d'Athènes a dû être faite à un taux de 6,3%, le double de ce que paye l'Allemagne. /ats-afp

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