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«Je sais de quoi je parle»

Ségolène Royal a semé le trouble dans le camp socialiste en prônant des solutions radicales pour lutter contre la délinquance. Elle s'est défendue hier de faire de la surenchère face à Sarkozy La socialiste française Ségolène Royal, qui a semé le trouble dans son camp en suggérant des options radicales pour lutter contre la délinquance, a défendu hier ses propositions. Elle affirme se placer sur un autre terrain que Nicolas Sarkozy.

05 juin 2006, 12:00

«Je ne me place pas sur le terrain de Nicolas Sarkozy, je me place sur le terrain des gens qui souffrent», a affirmé lors d'une interview télévisée la grande favorite des sondages pour représenter la gauche à l'élection présidentielle de 2007. Ségolène Royal est accusée par ses détracteurs de faire de la surenchère vis-à-vis du ministre de l'Intérieur.

«Où sont les deux principales souffrances? C'est le chômage et la précarité et c'est la question de l'insécurité et des violences», a-t-elle dit, assurant qu'avec la droite actuellement au pouvoir «rien n'est traité». «Je sais de quoi je parle» et «je tiendrai bon», a-t-elle martelé.

Fille de militaire, Ségolène Royal a semé le trouble en prônant mercredi un «encadrement militaire» pour les jeunes délinquants, mais aussi des «internats scolaires» pour «recadrer» les collégiens perturbateurs, des stages pour les parents défaillants, ou encore la mise sous tutelle des allocations familiales pour ces familles.

La gauche doit «trouver des mesures nouvelles en restant fidèle à ses valeurs», a-t-elle plaidé, en souhaitant «une République de respect» où chaque institution fonctionnerait «là où elle est au bon moment».

Colère à gauche

Au parti socialiste (PS), chez les Verts, à l'extrême gauche et dans les milieux syndicaux, des voix se sont élevées pour fustiger la «ligne réactionnaire» de la compagne du chef du parti, François Hollande, et dénoncer une «surenchère démagogique».

Ses rivaux à l'investiture socialiste pour la présidentielle ne sont pas en reste, rapprochant Ségolène Royal de Nicolas Sarkozy. «Pas la peine d'en avoir deux», a lancé Dominique Strauss-Kahn.

Mais d'autres socialistes n'ont pas caché leur enthousiasme. «Ségolène Royal aura plus fait en quelques mois pour nous désenclaver que la gauche en quatre ans», a estimé Christophe Girard, adjoint du maire de Paris, Bertrand Delanoë.

«Des solutions nouvelles»

«Dans un monde socialement et économiquement de plus en plus violent, il faut être vraiment bouché, voire irresponsable, pour ne pas rechercher des solutions nouvelles», a-t-il dit, avant de signer un texte de soutien avec quatre autres élus de la capitale.

Manuel Valls, maire d'Evry, une ville du sud de Paris qui connaît des problèmes de délinquance, a applaudi Ségolène Royal.

«Je ne pense pas qu'elle ait dérapé, je pense qu'elle a tenu un discours clair qui est celui qui est attendu dans les quartiers populaires», a-t-il affirmé, alors que l'ancien ministre de l'Intérieur Jean- Pierre Chevènement soulignait le «bon sens» de Ségolène Royal. / ats-afp-reuters

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