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Israël passe aux sanctions

Le nouveau parlement palestinien dominé par le Hamas a été mis en place ce week-end. Israël va recourir à l'arme économique pour faire plier le mouvement radical Le nouveau parlement palestinien, dominé par le mouvement radical islamiste Hamas, a été inauguré ce week-end. Israël, qui a proclamé que l'Autorité palestinienne était devenue de facto «terroriste», a adopté une série de sanctions économiques.

20 févr. 2006, 12:00

Parmi les mesures figure le gel du transfert mensuel d'environ 50 millions de dollars de fonds correspondant au remboursement par Israël des droits de douane et de TVA prélevés sur les produits destinés à la Cisjordanie et à la bande de Gaza, a annoncé la radio.

Ces fonds représentent environ 30% du budget de l'Autorité palestinienne. Ils permettent d'assurer notamment le salaire d'environ 140.000 fonctionnaires, dont près de 60.000 policiers et membres des services de sécurité.

Exception

Le gouvernement israélien a également appelé la communauté internationale à cesser immédiatement son aide à l'Autorité palestinienne.

Le cabinet n'a en revanche pas décidé pour le moment d'interdire aux Palestiniens de venir travailler en Israël. Mais les contrôles de sécurité qui seront exercés seront «beaucoup plus serrés», ce qui devrait réduire le nombre de Palestiniens qui pourront venir gagner leur vie en Israël, a poursuivi la radio. Actuellement, 15.000 Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza disposent d'un permis de travail pour venir gagner leur vie en territoire israélien. Mais seuls 5000 venaient travailler ces derniers mois en raison notamment de bouclages imposés par intermittence.

Au lendemain de l'inauguration du nouveau parlement palestinien, le premier ministre israélien par intérim, Ehud Olmert, a proclamé que l'Autorité palestinienne dirigée par le Hamas était de facto devenue une «Autorité terroriste». La décision de sanctionner l'Autorité palestinienne a été critiquée par un porte-parole palestinien et par le Hamas. «Elle est destinée à faire plier le peuple palestinien et soumettre sa volonté en pervertissant son choix démocratique», a déclaré Ismaïl Haniyeh, qui a été nommé premier ministre du futur gouvernement palestinien au nom du Hamas. «Cette décision ne nous intimidera pas. Nous avons fait face à tous les défis par le passé et nous y ferons face à l'avenir», a-t- il ajouté.

De son côté, Nabil Abou Roudeina, le porte-parole du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré que la décision d'Israël nuirait aux efforts pour maintenir la trêve (des attaques anti-israéliennes de la part des groupes armés palestiniens). Il a dit qu'elle était en outre prématurée, le nouveau gouvernement n'ayant pas été mis en place.

Reconnaissance exigée

Israël exige que le Hamas reconnaisse son existence en tant qu'Etat juif, les accords conclus dans le passé par l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et renonce à la lutte armée.

Lors de l'inauguration du nouveau parlement palestinien, samedi, Mahmoud Abbas a plaidé pour un règlement négocié du conflit avec Israël. Il appelé le monde à ne pas «punir» les Palestiniens après la victoire du Hamas, qui détient 74 des 132 sièges de la nouvelle chambre.

«Notre conflit n'a pas de solution militaire. Seules des négociations entre partenaires égaux sont susceptibles de mettre fin au cycle des violences que nous connaissons», a déclaré Mahmoud Abbas en dénonçant «l'approche unilatérale» d'Israël. Sur le terrain, deux jeunes Palestiniens ont perdu la vie ce week-end, tués par l'armée israélienne en Cisjordanie. / ats-afp-retuers

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