Ingrid Betancourt: les pires inquiétudes

31 mars 2008, 12:00

La France a envoyé en Guyane «un avion médicalisé prêt à intervenir à tout moment» en cas de libération d'Ingrid Betancourt. Les tractations s'accélèrent autour du sort de l'otage franco-colombienne, dont l'état de santé est alarmant. L'avion se trouve en «stand-by» sur la base militaire jouxtant l'aéroport de Cayenne, selon une source aéroportuaire.

L'envoi de cet avion a été décidé «à titre de précaution» par le président français Nicolas Sarkozy, en raison «des informations concernant l'état de santé d'Ingrid Betancourt ainsi que des déclarations faisant état de possibles tractations à propos de sa libération», a ajouté l'Elysée. L'inquiétude sur le sort de l'ex-candidate à la présidentielle colombienne, séquestrée depuis six ans dans la jungle par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et qui souffre notamment d'une rechute d'hépatite B, a été relancée ces derniers jours par les déclarations alarmantes des autorités colombiennes sur son état de santé.

Une source officielle colombienne a indiqué vendredi qu'elle était «très malade» et «son état de santé extrêmement fragile». Son ex-mari, Fabrice Delloye craint ainsi que l'otage franco-colombienne ne «soit en train de mourir, ou soit déjà morte». «Je me demande si Bogota ne dispose pas d'informations que nous n'avons pas et s'ils ne sont pas en train d'ouvrir le parapluie» pour se couvrir, a-t-il dit samedi. Le gouvernement de Bogota a proposé jeudi de libérer sans délai plusieurs centaines de guérilleros en échange d'Ingrid Betancourt, otage depuis février 2002. Il a par ailleurs confirmé que l'otage, âgée de 46 ans, était gravement malade, atteinte du virus de l'hépatite B et souffrant de malnutrition. / ats-afp-reuters