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Incendie d'une discothèque au Brésil: un feu de Bengale bon marché à l'origine du drame

Un feu de Bengale bon marché réservé à un usage extérieur serait à l'origine de l'incendie qui a fait 234 morts dimanche dans une discothèque du sud du Brésil, a annoncé la police brésilienne.

30 janv. 2013, 08:20
Plusieurs blessés se trouvent encore entre la vie et la mort.

Un feu de Bengale bon marché réservé à un usage extérieur serait à l'origine de l'incendie qui a fait 234 morts dimanche dans une discothèque du Brésil, a annoncé mardi la police. Plusieurs villes du pays ont annoncé des contrôles sévères de ces établissements.

Les musiciens du groupe qui se produisait sur scène à l'intérieur de l'établissement "ont acheté un feu de Bengale très bon marché en sachant qu'il devait exclusivement être utilisé en plein air", a déclaré Marcelo Arigony, commissaire de police de Santa Maria où a eu lieu le drame.

"Ils le savaient et ont utilisé ce modèle (...) pour faire des économies", "parce qu'il était bon marché", a-t-il ajouté. Ces déclarations confirment la version de plusieurs témoins, selon lesquels le chanteur du groupe, actuellement en garde à vue, aurait provoqué l'incendie en jetant un feu de Bengale, ce qu'il nie.

Le commissaire a également relevé d'autres facteurs ayant contribué à la tragédie, comme le défaut d'éclairage de sécurité, les revêtements inflammables des murs et plafonds ou des extincteurs inopérants.

Discothèque surpeuplée

La discothèque remplie d'étudiants, était surpeuplée au moment de l'accident selon les autorités brésiliennes. La police enquête sur la disparition d'un ordinateur qui a enregistré les images des caméras de sécurité. Mais selon les propriétaires, les caméras de surveillance sont "cassées depuis deux mois".

La police cherche également le registre de caisse qui permettrait de vérifier combien de personnes étaient présentes sur les lieux au moment de l'accident.

Le bilan du drame a été révisé mardi à la hausse, à 234 morts. Et sur plus de 116 blessés, "75 sont en danger de mort", selon le ministre de la Santé, Alexandre Padilha.

Contrôles renforcés

Dans le même temps, plusieurs villes du Brésil ont annoncé des contrôles sévères des discothèques, répondant à l'exhortation qui leur a été faite lundi par la présidente Dilma Rousseff de " prendre l'engagement que jamais une telle tragédie ne se répètera".

Licences, sécurité anti-incendie, sorties d'urgence: les services des villes de Salvador de Bahia, Manaus, Porto Alegre, Curitiba, Niteroi ou Cuiaba vont passer les discothèques au peigne fin et les fermer en cas d'infractions graves.

A Manaus, la capitale de l'Amazonie, le maire par intérim Bosco Saraiva a annoncé que la ville avait entamé "un nettoyage total" avec inspection des club et discothèques. Dix-sept établissements ont été fermés en raison de l'expiration de leurs licences ou pour risque d'incendies.

Americana, dans l'Etat de Sao Paolo, a instauré une fermeture temporaire de toutes les discothèques le temps de mettre en place de nouvelles normes de sécurité.

Approche du carnaval

Brasilia, Sao Paulo et Rio de Janeiro ont aussi envoyé des inspecteurs sur le terrain, d'autant que le Carnaval approche. A Salvador, troisième ville du pays, le maire a ordonné l'inspection de tous les sites de loisir, y compris des installations pour le Carnaval en cours de construction.

Les chars des défilés sont souvent décorés avec du papier, du plastique et autres matériaux hautement inflammables.

Le Parlement de Brasilia a annoncé la création d'une commission chargée de réfléchir à l'élaboration d'une loi fédérale unique sur la sécurité des boîtes de nuit, régie jusqu'à présent par les États et mairies de cet immense pays de 194 millions d'habitants.

Le Brésil, qui va accueillir le Mondial de football en 2014 et les jeux Olympiques à Rio de Janeiro en 2016, est sous pression internationale et doit démontrer qu'il est capable d'assurer la sécurité dans les lieux publics d'affluence.

Outre le chanteur, les deux propriétaires de la discothèque Kiss et le responsable de la sécurité du groupe sont en garde à vue. L'un des patrons du Kiss a reconnu que sa licence était périmée depuis août mais a nié avoir ordonné aux vigiles de bloquer la sortie au début du drame, et avoir retiré du local l'ordinateur disparu.

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