Hong Kong: des tensions entre manifestants et habitants

Une partie des habitants de Hong Kong ne supporte plus la paralysie engendrée par les manifestations. Le ton est monté vendredi entre des manifestants et des habitants excédés.

03 oct. 2014, 13:03
Des manifestants pro-démocratie se sont rassemblés devant les bureaux du gouvernement de Hong Kong.

L'exaspération d'une partie des habitants face à la paralysie à Hong Kong a commencé à se faire sentir vendredi dans l'ancienne colonie britannique. Des heurts se sont produits avec des manifestants prodémocratie dans des quartiers commerçants.

Environ 200 manifestants ont fait face à un groupe plus important de contre-manifestants sur l'un des sites secondaires de la mobilisation qui a vu depuis dimanche des dizaines de milliers d'habitants descendre dans les rues.

Le ton est monté à Mong Kok, quartier très commerçant et très densément peuplé de Kowloon, face à l'île de Hong Kong, sur le continent, lorsque des contre-manifestants ont tenté de démanteler des barricades. "Rendez-nous Mong Kok! Nous les Hongkongais, on a besoin de manger", s'est écrié l'un d'entre eux. La police a dû intervenir pour séparer les deux groupes en déployant un cordon.

"On doit nourrir nos enfants"

A Causeway Bay, autre temple du shopping et autre centre secondaire de la mobilisation, des escarmouches ont également opposé environ 25 manifestants à une cinquantaine de personnes. "Ce n'est pas ça la démocratie, on doit nourrir nos enfants", a hurlé l'une d'elle. Des passants ont applaudi au démantèlement de certaines barricades.

Les habitants de l'ancienne enclave britannique passée sous tutelle chinoise en 1997 ont repris le travail vendredi après deux jours fériés. Depuis six jours, les principales artères de la ville, considérée comme un havre du capitalisme financier international, sont bloquées. A l'instar des transports publics, des quartiers entiers sont paralysés, en particulier autour du site principal de la contestation, le quartier du siège du pouvoir, dans le centre de Hong Kong. Les activités économiques sont fortement perturbées.

Le mouvement prodémocratie réclame l'instauration d'un suffrage universel plein et entier ainsi que la démission du chef de l'exécutif local, Leung Chun-ying, qu'il considère comme la marionnette de Pékin. Un dialogue doit s'ouvrir entre le mouvement estudiantin, fer de lance de la mobilisation, et les autorités locales.

Dialogue possible

Les manifestants avaient donné au chef de l'exécutif jusqu'à jeudi à minuit pour démissionner. Peu avant l'expiration de l'ultimatum, M. Leung a refusé sans surprise d'accéder à cette exigence tout en proposant aux étudiants l'ouverture d'un dialogue avec la secrétaire en chef de son gouvernement.

Occupy Central, le principal mouvement prodémocratie, a salué l'opportunité de dialoguer avec les autorités, espérant que les discussions soient l'occasion "d'un tournant dans l'impasse politique actuelle". La date du début des discussions n'était pas connue dans l'immédiat.