Haïti sans président

Le président haïtien a achevé son mandat dimanche. Michel Martelly n'a pas de successeur, et plonge le pays dans une crise politique profonde.

07 févr. 2016, 23:10
Michel Martelly a quitté son poste de président de Haïti dimanche.

Devant les parlementaires réunis en Assemblée nationale, le président sortant a remercié ceux qui l'ont accompagné pendant ses cinq années de mandat: "L'histoire se rappellera malgré vents et marées, bon gré mal gré, la pierre que j'aurai apportée à l'édification d'une Haïti plus belle".

L'histoire "se rappellera aussi de mes échecs que j'assume et que j'assume seul, et parmi ceux-ci mon plus grand regret, celui d'élections présidentielles différées", a-t-il encore déclaré lors de sa dernière adresse à la nation. Le processus électoral a été stoppé à la suite des contestations de l'opposition qui dénonçait "un coup d'Etat électoral" fomenté par le pouvoir exécutif.

Cinq jours pour un président provisoire

Au premier tour du scrutin présidentiel, le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, avait recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de "farce ridicule".

Le second tour de la présidentielle et des législatives partielles, initialement prévu le 27 décembre, a été reporté dans un premier temps au 24 janvier, puis a été reporté sine die, empêchant donc Michel Martelly de passer le pouvoir à un successeur le 7 février comme le voulait la constitution.

Quelques heures avant la fin de son mandat, un accord de sortie de crise avait été signé samedi par Michel Martelly et les présidents des deux chambres du Parlement prévoyant l'élection d'un président de transition par l'Assemblée nationale. Députés et sénateurs ont désormais cinq jours pour élire un président provisoire dont le mandat ne devra pas excéder 120 jours.