Grèce: Juncker a proposé à Tsipras une solution de dernière minute

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a proposé lundi au premier ministre grec Alexis Tsipras une solution susceptible de débloquer un accord sur le renflouement du pays, a indiqué mardi la Commission.
07 août 2015, 15:35
Greek Prime Minister Alexis Tsipras, left, is greeted by European Commission President Jean-Claude Juncker prior to a meeting at EU headquarters in Brussels on Wednesday, June 24, 2015. Eurozone finance ministers meet Wednesday to discuss the Greek bailout. (Julien Warnand/Pool Photo via AP)

14:41 Merkel pas au courant d'une offre de dernière minute

Angela Merkel a dit mardi ne pas être au courant d'une offre de dernière minute présentée au gouvernement grec par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. La chancelière allemande réagissait ainsi à une information du quotidien grec Ekathimerini

"Tout ce que je sais, c'est que la dernière offre dont je suis informée remonte à vendredi dernier", a dit la chancelière allemande lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre du Kosovo.

Angela Merkel réagissait ainsi à une information du quotidien grec Ekathimerini, selon lequel le Premier ministre grec Alexis Tsipras examine une offre de dernière minute avancée par la Commission européenne pour parvenir à un accord sur un ensemble de réformes en échange d'une aide financière.

Le programme d'aide actuel expire ce mardi, a rappelé Angela Merkel, ajoutant que la porte restait ouverte à des discussions avec la Grèce.

 

13:24 Juncker propose un accord de dernière minute

Dans une conversation téléphonique, M. Juncker a expliqué "les contours d'une solution de dernière minute", selon une source à la Commission. L'idée est que M. Tspiras accepte le dernier plan des créanciers daté de samedi et s'engage à appeler les Grecs à avaliser ce texte lors du référendum prévu dimanche, ce qui permettrait la tenue d'ici là d'un Eurogroupe, a-t-on précisé.

M. Juncker a expliqué "à quoi une solution de dernière minute pouvait ressembler", a confirmé le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, soulignant que l'échange entre le chef de l'exécutif européen et M. Tsipras avait eu lieu à l'initiative de ce dernier.

"Contacts en cours"

Les "paramètres" d'une telle solution, selon M. Juncker, "incluraient une réponse aux besoins financiers du pays et la question de la soutenabilité de la dette", en échange de l'engagement du gouvernement grec à faire campagne pour le oui au référendum, a précisé M. Schinas.

"Des contacts sont en cours" entre Athènes et Bruxelles après cet échange, tandis que M. Juncker a aussi consulté lundi soir le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a affirmé le porte-parole.

"Le temps se réduit" pour une réponse de la Grèce, alors que le programme de renflouement du pays expire "le 30 juin à minuit", au risque de précipiter le pays dans le défaut de paiement, a relevé M. Schinas. Il a insisté qu'au final, toute issue à la crise devrait être donnée par l'Eurogroupe.

"Saisir l'initiative de Juncker"

Un eurodéputé du Syriza, Stelios Kouloglou, a jugé que "l'initiative de Juncker doit être saisie", dans un entretien à une radio grecque. Il a affirmé que "les présidents de tous les groupes parlementaires à Bruxelles" avaient incité lundi M. Juncker "à reprendre les négociations pour arriver à un accord même au dernier moment".

Selon une source européenne, M. Juncker a proposé au dirigeant grec de gauche radicale de lui répondre en lui envoyant une lettre, ainsi qu'à M. Dijsselbloem, et aux dirigeants allemand, Angela Merkel, et français, François Hollande, "acceptant les propositions de samedi des trois institutions", créancières, BCE, FMI et UE.

Dans ce cas, une réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro - ou Eurogroupe - pourrait être convoquée "pour adopter une déclaration sur la base des lignes déjà expliquées à M. Tsipras", a-t-on ajouté de même source.