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Google lève son autocensure, mais la Chine prend le relais

L'accès aux informations sensibles sur internet restait bloqué hier en Chine, malgré l'annonce de l'américain Google qu'il cessait d'auto-censurer son moteur de recherches. La Grande Muraille de la censure chinoise a apparemment pris des mesures de blocage.

24 mars 2010, 12:20

Après une bataille de deux mois contre le régime communiste, le géant de l'internet a annoncé lundi des Etats-Unis qu'il ne voulait plus censurer les résultats de la recherche en ligne sur ce marché de 400 millions d'internautes, comme les autorités chinoises le requièrent. Il a toutefois assuré qu'il entendait maintenir sa présence en Chine.

Après une première réaction virulente, dénonçant «les promesses rompues» de Google, le gouvernement chinois a tenu à souligner hier qu'il s'agissait là d'un simple «dossier commercial», pas de nature à entacher les relations sino-américaines. «Sauf si certains veulent le politiser», a averti un porte-parole du Ministère des affaires étrangères.

Pour contourner les exigences de Pékin, Google a décidé de rediriger les internautes se connectant à son site chinois google.cn vers celui de Hong Kong, ancienne colonie britannique dotée d'un statut spécial avec davantage de libertés depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. La manœuvre fonctionne parfaitement depuis hier en Chine: les tentatives de connexion à google.cn aboutissent automatiquement à google.com.hk.

Néanmoins, une fois sur le site hongkongais de Google, une recherche par mots clefs tabous pour Pékin se solde par l'annonce qu'«internet explorer ne peut pas afficher cette page». Même quand une liste de sites s'affiche, il est impossible d'ouvrir les liens.

Cela est vrai pour les sites sensibles, comme ceux ayant trait au mouvement démocratique de 1989, réprimé dans le sang, ou au mouvement spirituel Falungong interdit (hors sites donnant le point de vue officiel), le site de partage de vidéos Youtube ou la plateforme de microblogging Twitter notamment.

Ce blocage semble indiquer que le système pare-feu érigé par les autorités chinoises est en mesure de filtrer toutes les recherches faites en Chine.

En dépit du reroutage sur Hong Kong, qui aboutit à une fermeture de facto de son site chinois, Google a affiché sa volonté de rester dans l'Empire du Milieu pour y «continuer le travail de recherche et développement et maintenir une présence commerciale». Mais le directeur juridique de l'entreprise David Drummond a aussi averti sur le blog officiel de Google que «la taille de l'équipe commerciale dépendra évidemment de la capacité des utilisateurs du continent à accéder à google.com.hk».

Les militants des droits humains ont applaudi la décision de l'entreprise. La Maison-Blanche s'est quant à elle dite «déçue» de l'échec des négociations entre Pékin et le groupe. Selon certains analystes, la décision de Google de transférer à Hong Kong son moteur de recherches en chinois pourrait constituer un frein au développement de l'internet en Chine continentale et isoler la plus grande communauté d'internautes au monde du reste de la Toile.

Le géant américain est le seul acteur étranger présent sur le marché des moteurs de recherches en Chine. Sa décision, qui laisse la place aux seules sociétés chinoises, pourrait se traduire par moins de concurrence et par conséquent moins d'innovation. C'est un pas de plus vers le «Chinternet», c'est-à-dire l'internet chinois qui ressemble de plus en plus à un intranet», remarque Jeremy Goldkorn, responsable du site Danwei.org et analyste basé à Pékin. /ats-afp

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