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Feu vert au mur américain

Le président George W. Bush signe le texte autorisant la construction d'une barrière de 100 km le long de la frontière mexicaine Le président américain George Bush a signé hier une loi autorisant la construction d'un millier de kilomètres de mur sur la frontière mexicaine. Le président mexicain élu, Felipe Calderon, a jugé que cette décision était une «grande erreur».

27 oct. 2006, 12:00

Cette loi «rendra notre frontière plus sûre», a déclaré George Bush lors de la cérémonie de signature à la Maison-Blanche. Le texte permet la construction d'un mur d'environ 1100 kilomètres sur un tiers de la frontière mexicaine, qui doit permettre, selon l'administration, de lutter contre l'immigration illégale.

«Malheureusement, les Etats-Unis n'ont pas eu le contrôle total de leurs frontières pendant des décennies et l'immigration clandestine a augmenté», a expliqué le président américain lors de la signature. «Nous avons la responsabilité de faire face à ces défis. Nous avons la responsabilité de faire appliquer nos lois. Nous avons la responsabilité de sécuriser nos frontières. Nous prenons cette responsabilité au sérieux», a-t-il affirmé. «Cette initiative ne règle rien», a déclaré pour sa part Felipe Calderon, qui doit entrer en fonction le 1er décembre. «L'humanité a fait une erreur avec le mur de Berlin. Et les Etats-Unis font également une grande erreur en érigeant un mur entre nos deux pays», a-t-il poursuivi.

Ce mur, que l'administration Bush appelle «barrière», consistera essentiellement en clôtures supplémentaires, en barrières amovibles et en postes de contrôle, associés à une surveillance par caméras, satellites et même par drones. Certains parlementaires ont estimé son coût à plus de six milliards de dollars.

En mars 2005, le Pew Hispanic Center chiffrait à environ 11 millions le nombre de clandestins aux Etats-Unis (pour une population qui vient de dépasser les 300 millions), dont plus de six millions de Mexicains.

La loi américaine est aussi dénoncée aux Etats-Unis par les organisations de défense des droits de l'homme. Son efficacité est sujette à controverse.

Flatter la base électorale

La promulgation du texte n'est pas un hasard, selon les observateurs. Elle fournit à George Bush l'opportunité de faire porter le débat avec l'opposition démocrate sur autre chose que l'Irak et de flatter une base électorale qui menace de se détourner des urnes le 7 novembre.

L'immigration illégale passe pour une préoccupation première de l'électorat conservateur. Mais ce dernier, fâché par l'ampleur des dépenses publiques et les scandales éclaboussant le Congrès et les républicains, pourrait être tenté de ne pas voter. Avec la violence en Irak, sa désaffection pourrait causer la perte des républicains qui se démènent pour le mobiliser. / ats-afp-reuters

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